Carnet de Blog

9 septembre 2012

À l’hôtel d’Helvétie

Publié par ahhhh dans Textuels...

Dans cet hôtel borgne, tous les matous sont gris.

Du matin à minuit, ça hulule et ça crie

À l’hôtel d’Helvétie

 

Le voyageur impénitent s’arrête pour un peu de répit

Tandis que celui-ci esseulé ne passera pas seul sa nuit

A l’hôtel d’Helvétie

 

Il y a en pour toutes les bourses et tous les prix

On peut même y dormir un peu, aussi

A l’hôtel d’Helvétie

 

La patronne n’est pas méchante mais ne veut pas qu’on l’ennuie

On peut prendre le petit déjeuner mais rien de cuit

A l’hôtel d’Helvétie

 

Pas besoin de réserver, il y a toujours un lit

Mais il ne faut pas trop regarder sous les tapis

A l’hôtel d’Helvétie

 

Le parquet craque et les murs sont petits

On entend bien son voisin et ses gargouillis

A l’hôtel d’Helvétie

 

On arrive à se laver sans trop de soucis

C’est un minimum pour ne pas être démuni

A l’hôtel d’Helvétie

 

C’est un toit provisoire, un petit logis

Un passage dans l’histoire d’une vie

A l’hôtel d’Helvétie

 

De quel endroit du monde croyait que je vous écris ?

Mais simplement d’un endroit en plein Paris

Là où se trouve l’hôtel d’Helvétie

22 juillet 2012

(re) Nouveau

Publié par ahhhh dans Accueil...

Le souffle court, il fallait le temps d’une pause. Une respiration pour regarder. Cela n’a rien d’une panne, ni même un manque d’envie, encore moins un défaut de passion.

Juste le temps de faire autre chose, de voir d’autres horizons. Des frontières à franchir et des choses à (re) découvrir. Ce temps est passé.

Le besoin d’écrire est intacte – juste espérer que rien n’a été perdu de l’inspiration.

on the road again, we are alive…

22 juillet 2012

Une vie ailleurs

Publié par ahhhh dans Textuels...

Le voilà qui arrive dans un fracas étourdissant

Le monstre de fer qui vomit ces morts-vivants

Aucune compassion, ils avancent abruptement

C’est chacun pour soi et Dieu pour eux seulement

 

Les gisants montent sans prêter attention

Ils se bousculent pour aller s’asseoir

Une autre lutte pour remplir leur mangeoire

Une vie acceptée de robot, une vie éternelle de pion

 

Je t’assure mon frère,

Je rêve d’une vie meilleure

Je rêve d’une vie meilleure

Sans aucun doute mon ami

Je rêve d’une vie ailleurs

Je rêve d’une vie ailleurs

 

Moi aussi j’entre dans la boite de conserve

Déjà je sens les regards inquiets qui m’observent

C’est vrai je ne sens pas bon, je suis un paumé

Je suis, pour eux, un marginal, un raté

 

Evidemment je vais leur demander quelque chose

Débiter un petit mot, je vais mendier et faire l’aumône

Je n’existe pas à leurs yeux, alors je m’époumone

Je le lis dans le regard de ceux qui me scrutent, ceux qui osent

 

Je t’assure mon frère,

Je rêve d’une vie meilleure

Je rêve d’une vie meilleure

Sans aucun doute mon ami

Je rêve d’une vie ailleurs

Je rêve d’une vie ailleurs

 

M’sieur, allez savoir comment j’en suis arrivé là ?

J’aurai voulu comprendre comment tout a dérapé ici bas ?

Une vie de gueux à dormir dans les bouches de métro

Espérer une piécette et éviter de me faire dépouiller une fois de trop

 

Il y a longtemps, j’ai tout perdu sur une mauvaise passe

Je fus pourtant parmi eux, à leur place de carcasse

Pour toute fortune, je traine un gros sac

Où je cache mes trésors accumulés en vrac

 

Avec ceux-là, je n’obtiendrais rien, je peux mourir

Je vois bien dans celui qui vient de se détourner, dédaigneux

Ils ne me donneront rien, humilié encore un peu

Je vais à côté débiter la litanie du mendiant qui croit s’en sortir

 

Je t’assure mon frère,

Je rêve d’une vie meilleure

Je rêve d’une vie meilleure

Sans aucun doute mon ami

Je rêve d’une vie ailleurs

Je rêve d’une vie ailleurs

 

Je ne connais plus personne, ma famille a dû oublier

C’est mieux ainsi, ils n’ont pas besoin de me supporter

Je dois oublier, jamais l’espoir ne viendra me chercher

Jamais un nouveau départ ne pourra me propulser

 

Je t’assure mon frère,

Je rêve d’une vie meilleure

Je rêve d’une vie meilleure

Sans aucun doute mon ami

Je rêve d’une vie ailleurs

Je rêve d’une vie ailleurs

 

Je t’assure mon frère,

Je rêvais d’une vie meilleure

Je rêvais d’une vie meilleure

Sans aucun doute mon ami

J’aurai voulu d’une vie ailleurs

J’aurai voulu d’une vie ailleurs

29 mars 2012

A lire …

Publié par ahhhh dans Accueil...

La suite de la nouvelle vient d’être mise à jour, « La maîtresse » se trouve dans la rubrique « Blog à Part » – « A lire en ce moment ».

25 septembre 2010

Manège

Publié par ahhhh dans En Passant...

Elle tourne, elle tourne, elle tourne la roue du petit manège du parc pour enfants.

Assise sur cette roue de bois aux montants en fer forgé, une petite fille se laisse emporter par le tourbillon.

Elle tourne, elle tourne, elle tourne la roue du petit manège du parc des enfants.

Bien calée, la petite fille blonde rit. Le cœur léger, l’esprit tranquille. Elle a l’insouciance des enfants de son âge pour qui la vie n’est que jeux et princes charmants. Une vie près de sa maman qu’elle aime infiniment. L’air la chatouille, elle renverse la tête et laisse éclater son rire aux dents blanches où percent quelques manques d’émail, témoins de la progression de son âge en pleine mutation. Elle rit, rit d’un bonheur simple et futile. Une joie pure.  

Elle tourne, elle tourne, elle tourne la roue du petit manège du parc des enfants.

En face maman la regarde avec amour et bienveillance, celle d’une mère aimante. Quelques minutes passent où ce simple spectacle suffit largement à sa vie. Un temps amusé, elle laisse pourtant vagabonder ses propres pensées. Elle, qui il y a peu, étudiait le droit en Faculté. Elle, promise à un bel avenir dans la magistrature. Une carrière qui lui tendait les bras, elle se voyait brillante avocate, jusqu’à ce qu’un autre amour l’en détourne. Elle fut sûrement – un peu – heureuse, mais bien vite son prince ne se révéla plus aussi charmant, infléchissant pourtant sa trajectoire écrite et ses ambitions personnelles. Pour son bien, pour son couple et pour la stabilité d’une vie familiale à laquelle elle aspira sincèrement, elle changea ses objectifs, mis entre parenthèses sa carrière et entra dans la fonction publique.

Et cette roue qui tourne, tourne, tourne

Les cheveux au vent, la petite fille va s’envoler ; elle le croit, c’est drôle cette sensation, comme une bulle qui flotte dans l’air. Une bulle libre, sans retenue. Elle va s’évader loin, loin comme le ballon qui nage au gré des courants. Elle survolera son école, sa maison, les endroits qu’elle connaît. Comme l’aigle royal, elle tournera autour pour mieux observer. Elle babillera parmi les nuages, passera à travers, comme on s’enfonce dans la crème chantilly. C’est une idée si folle ! Elle pouffe de rire et s’imagine ressortir du nuage crémeux, toute blanche.

Elle tourne, elle tourne, elle tourne la roue du petit manège du parc des enfants.

Pourquoi les choses se sont-elles à ce point délitées ? A-t-elle faillit à ses devoirs de femme, de maîtresse. L’a-t-elle mal aimée ? Mal satisfait sexuellement pour qu’un jour, elle découvre des preuves irréfutables de plusieurs liaisons extraconjugales. N’était-elle plus désirable en tant qu’expression de la féminité ? Il s’est détourné d’elle, batifolant à droite et à gauche pour satisfaire sa libido, la laissant à quai, insatisfaite, trompée et humiliée. Aujourd’hui culpabilisant sur son sort.

Et cette roue qui tourne, tourne, tourne

Cette tête blonde bien loin des problèmes des adultes, poursuit sa chevauchée aérienne. Elle n’est pas assise sur une sphère de bois tournoyante ; non, non elle est confortablement installée sur un gros pouf nuageux et plane au-dessus des maisons. Elle rit de plus belle et imagine voir la maison de papy et mamy ; « coucou mamy ! ». Ah mais non, mamy ne peut, ni la voir, ni l’entendre. C’est drôlement amusant.

Elle tourne, elle tourne, elle tourne la roue du petit manège du parc des enfants.

Et lui, lui, qui a tout demandé et tout obtenu. Il voulait être le mâle, celui qui subvient aux besoins du foyer. Elle s’est effacée, a accepté de se renier, de lui donner une progéniture, de s’occuper de l’intendance et de son foyer. Pour quel résultat ? 7 ans après leur union et des coups de canifs dans le contrat, il finissait de filer à l’anglaise avec une irlandaise ; antithèse de tout ce quelle est, anachronisme de tout ce qu’il avait exigeait d’elle. Avait elle été sotte de n’avoir ouvert les yeux à temps ? Aucun de ses amis ne l’avaient mis en garde, dupés aussi par ce machiavel de pacotille. Il avait réussi à se prélasser et vivre sa petite vie tranquille, puis lassé du train-train quotidien, s’en était allé comme si de rien n’était. Effaçant une quasi-décennie de vie maritale. Encore avait-elle dû se battre pour la pension, infidèle et goujat, comment avait-elle pu être stupide à ce point ? Quelle gourde, subitement la colère sourde monte en elle comme un torrent charriant toute cette boue accumulée depuis trop longtemps. Il était pourtant bien tard pour réagir, coincée dans sa vie, dans son travail insipide ponctuant une vie fade.

Et cette roue qui tourne, tourne, tourne

Cette roue qui tourne, elle tourne et n’en finie plus de tourner dans ce parc pour enfants où elles viennent inlassablement.

La petite fille assise sur la roue de bois, se trémousse, moins à l’aise, moins riante. Cette roue qui tourne, tourne, tourne maintenant, emportant son corps. Son cœur chavire, la gravité la ramène à la réalité. Son cœur est saoul et se soulève, son corps n’en peu plus de ce manège infernal et le refuse brusquement. Elle a mal au cœur cette petite fille. Elle croit bien qu’elle va vomir. En face l’adulte aux traits tirés par le chagrin et la mélancolie ne rêve plus à grand-chose depuis longtemps. Fini d’inventer pour sa personne, pour cette femme et de croire en l’amour qui dure, envolée la liberté. L’oasis s’est évaporée laissant place à un grand vide, comme le mirage du désert. La farandole de bois où se trouve sa fille ne l’enivre plus non plus, elle lui fait même tourner la tête. Lancinant manège, qui ouvre sur le vide abyssal de sa propre existence pour l’envoyer aux enfers. Elle a mal au cœur cette maman, celui qui fait vomir les maux et laisse des bleus à l’âme.

18 mars 2015

Vient de paraitre !

Publié par ahhhh dans Accueil..., Textuels...

Couv_seule

Mot de l’éditeur :
« Petites miscellanées ou autres pensées » est un recueil de chroniques sur des personnages, des objets, des émotions… Des instantanés sur le temps qui passe et des moments de vie qui marquent et où tout un chacun peut s’identifier.
Si ce troisième opus n’est pas une suite, il existe un fil conducteur chez l’auteur, celui de décrire les petits instants de la vie par des textes plus ou moins courts, mais toujours denses et libérés. Souvent des textes en prose, parfois en quelques vers. Des chroniques de tailles inégales croquant ici ou là des moments furtifs, des tranches de vie, la vie en somme.
130 pages qui peuvent se picorer par petits morceaux, des chroniques toutes indépendantes que l’on peut lire quand on peut, quand on veut
Pour lui, l’écriture est autant une évasion qu’une thérapie, qu’il espère de groupe !

Page Fb : Hervé Gransart

 

7 mars 2012

Que reste-t-il ?

Publié par ahhhh dans En Passant...

Que reste-t-il du bout de chou qui courrait insouciant, le cœur léger, peut concerné par la vie des adultes. Il avait sa vie à l’écart, légère et simple. Une solitude assumée et recherchée, des journées à imaginer moult actions grandioses. Une vie tumultueuse de héros proclamé courageux et impétueux. Bouffi d’un orgueil juvénile à braver mille dangers et croire en son destin, sans jamais douter qu’il ne puisse être autrement que mirifique.

Que reste-t-il de ce mètre et quelques au cheveu blond comme les blés pointant drus, cadenassé dans son monde abstrait, reclus pour exister et éviter d’être envahi par celui des autres et surtout de ses géniteurs trop occupés à se déchirer. Des instants condensés en souvenirs figés par la paraffine sur du papier glacé, jauni par le temps qui rattrape tout sur son passage. Des fragments de douceur ou de moment de vie tout simplement.

Que reste-t-il de ce bonhomme tantôt taquin et impertinent toujours prompt à affronter plus grand que lui dans des bagarres perdues à l’avance ; tantôt boudeur, triste et renfrogné, bousculé par la vie et ceux qui côtoyaient son univers, parce qu’il n’avait pas appris à croire en la légèreté de l’autre.

Que reste-t-il de cet enfant toujours poli et bien élevé dont on avait bien pris soin qu’il n’exprime aucun sentiment et s’en était fort bien accommodé. Isolé dans un cocon et fort protégeait contre, on ne sait quel danger. Heureux à la ville, dans sa chambre remplie de tout ce dont il avait besoin. Heureux de se vautrer dans l’herbe de la campagne. Heureux de nager dans cette eau qu’il avait apprivoisée pour en faire son élément favori.

Que reste-t-il dans cette vie d’adulte blessé ? Quelle est la part de l’enfant encore en lui ? La part du jeu, de la folie pure et du rire intact. Épris du rêve de vies différentes, éparses et lumineuses, passant d’un monde à un autre. Une vie de liberté, guidée par ses fantasques chimères, lui qui voudrait s’illusionner à n’en jamais douter qu’il subsiste toujours un enfant chez chacun d’entre nous.

Que restera-t-il du petit homme déambulant dans le couloir de ce train, la bouche maculée de cacao, ébahi par la vie et les gens assis qui le regardent attendris.

Que restera-t-il de ces deux gros calots noirs fixés sur qui lui sourit. Pas effrayé de qui veut le toucher et lui parler, confiant dans la main qu’on lui tend.

23 novembre 2011

Mécanique d’(im) précision

Publié par ahhhh dans En Passant...

Tic-Tac, Tic-Tac, mécanique bien moins huilée qu’auparavant.

Singulier le changement, irrémédiable et pourtant imperceptible à l’œil, de cette horlogerie qui fut en son époque, précise.

Une mécanique de précision, réglée comme du papier musique.

Hélas ! Toute remontée dans le temps est interdite. Le matin, les rouages sont encore un peu grippés. Un certain moment leur est nécessaire pour tourner à plein régime, la mise en route peut se révéler laborieuse. La trotteuse à la jeunesse souvent édifiante n’est plus si fringante. Quant aux aiguilles promptes à faire le tour du cadran des heures durant, elles ne sont plus si alertes et entraînantes.

Que ne faut-il de temps pour rattraper la journée et tourner à plein régime ?

Une mécanique bien huilée, qui subit l’effet inexorable du temps, encore heureux qu’elle ne retarde pas.  À midi, l’ensemble a repris forme convenable, à la recherche de temps perdu, l’horloge est de nouveau à l’heure et son rythme correct. Elle qui fut tour à tour sportive, passe-partout ou de soirée. Imperméable aux conditions atmosphériques, imperturbable aux affres météorologiques, tout terrain en définitive.

Jamais elle ne s’est départie de son efficacité légendaire, ponctuelle dans l’action, résistante dans la durée, inoxydable. Ce sont justement l’accumulation des secondes, des minutes et des heures qui auront fatigué l’ensemble. De ces minutes égrenées, quelque chose a changé, invisibles, les altérations se sont faites de plus en plus nombreuses, présentes et finalement incontournables. Pire il va falloir vivre avec et en accepter l’évidence.

Il avait pourtant fallu des décennies pour que tourne cette musique. Des mois d’assemblage, de maturation et de guidage.

Tic-Tac, Tic-Tac, le temps fait son œuvre. Le dateur s’est subitement affolé, les jours comptent double.

Empâté malgré tous les efforts possibles, moins vivaces et moins précis qu’à l’accoutumée, ce corps qui s’observe dans la glace accuse le poids des ans. Le poids du temps qui est passé et de celui qui arrive plus vite encore. Ce corps qui n’est plus une mécanique de précision ; que le moindre faux mouvement peut enrayer. Ce corps, perclus de douleurs au fil des matins. Parfois indicible, parfois bénigne, il y a toujours une petite pointe pour ne jamais oublier, au cas où.

Un rappel à l’ordre pour cet homme qui lui aussi se détaille, interloqué, dans le miroir pour constater impuissant, mais en toute conscience les changements opérés ; assommé par les formes moins affûtées, arrondies qu’a décidé d’épouser sa carcasse ; agacé des raideurs qui parcourent tout son dos ; effaré par la réalité nue et froide de l’âge qui le rattrape, annonciateur d’autres modifications en préparation. Enfin affligé par les maux intérieurs qui ont marqué, sans crier gare, le dessous de ses yeux.

Il éteint précipitamment la lumière de salle de bain pour exorciser le fantôme de la pièce, harassé par le spectacle et les journées devenues trop longues. Il lui est impossible de résister, passé une certaine heure, la marque du vieillissement souligné par la fin de son endurance le frappe de plein fouet.

C’est ce constat qu’il est contraint d’accepter, la rébellion serait-elle vaincue ? Fracassée sur les remparts de la vie qui coule. Il reste encore une solution ; se coucher pour mieux oublier.

23 novembre 2011

La maîtresse

Publié par ahhhh dans > A lire en ce moment...

1ere Partie

 

Le son strident de la roulette emplissait la salle aseptisée et spécialement conçu pour le bien être de l’homme aguerri qui en était le maître. Ce bruit si détestable qui faisait grincer des dents le profane.

Aussi assourdissant que puisse être le son du frottement du caoutchouc de ladite roulette sur l’émail, elle ne perturbait en rien l’homme debout. A l’opposé, la majorité des patients semblaient réellement inquiets. L’homme, en blouse blanche, penchait en professionnel ne paraissait nullement affecté. La concentration se lisait dans ses yeux et sur son visage. Pour lui, personne n’était réellement allongé face à lui. Seule une bouche et quelques caries titillaient son acuité et contredisaient son savoir.

Des années d’études pour pouvoir exercer et contrecarrer cette hygiène buccale approximative.

Une bouche endolorie à qui, il prodiguait tout le savoir appris quelques années auparavant et pendant de longs mois à ingurgiter et comprendre la méthodologie.

Le bruit redoublait et s’amplifiait à mesure qu’il s’efforçait. Si l’adolescent pré pubère allongé, ne saisissait pas les détails et la finalité des travaux ; lui, le spécialiste savait qu’il touchait au but. Ce métier qu’il pratiquait comme un art. Ce métier que toute sa vie résumait. Dans ces moments-là, il ne pensait à rien d’autre. Il entrevoyait les soins, la façon dont il pourrait avoir gain de cause et le traitement qu’il donnerait à suivre, à poursuivre scrupuleusement pour éradiquer le mal.

Venir à bout du problème lui procurait une jouissance extatique comme à nulle autre pareil. Un professionnel, un vrai.

La lenteur, due à l’infinie précision de ses gestes, corroborait sa pertinence professionnelle. Après tant d’années d’apprentissage, de formations supplémentaires de week-ends, et de jours de pratiques dans son cabinet, il était la quintessence du savoir médical dentaire. Une vie dévouait à la dentition de ses congénères. Mais quelles récompenses d‘être reconnu comme une sommité en la matière. Des confrères lui téléphonaient pour quémander quelques conseils et grappiller un peu de son aura. Une mendicité qui le flattait forcément bien que jamais il ne l’a laissé transparaître. L’humilité était la cerise sur le gâteau. Comble du bonheur professionnel, ses confrères lui adressaient des patients présumés perdus pour leur lacune dentaire. Il réparait ce qui pouvait paraître irréparable, il redressait les causes perdues, il retournait les situations désespérées. Peu de chose lui résistait. Peu de complications avaient de secret pour lui. Ces armes, le burin, la gouge, la spatule de bouche, les tires-nerfs, la sonde ou autre couteau à cire.

C’était fascinant, pour qui aime les métiers – à regarder cet homme ne jamais hésiter sur le choix de l’instrument à prendre, sur la dose de plâtre ou de cire à injecter ou la prophylaxie à prodiguer

Rien ne lui résistait, il venait à bout de tous les problèmes. Tous ou presque, à tout le moins tout ce qui touchait à son travail, qu’il pratiquait en artiste ; pour ce qui était d’ordre privé, la situation était beaucoup plus complexe et tortueuse.

—– 2e Partie

Dis-moi comment tu décores ton espace et je te dirais qui tu es.

Cet adage s’appliquait à lui, aussi sûrement que son esprit vif et pointu était tout entier tourné à sa réussite professionnelle. Tout y était pratique et rangé où cela devait être, une place pour chaque chose. C’est ainsi qu’il concevait son lieu de travail et pas autrement. Le moindre désordre le contrarié au plus haut point. Elle le savait, elle, sa fidèle assistante qui depuis toutes ces années veillait comme une mère sur son enfant, à ce que rien ne vienne perturber la quiétude de son patron, l’assistante dévouée dans la plus pure tradition. Cette complicité fusionnelle avait fini par une liaison évidente, une évidence quasi banale. Tout avait été réuni pour que les considérations privées empiètent sur les aspects purement carriéristes.

Sans être une déesse, elle était jolie à regarder et d’un naturel avenant. Dotée d’un esprit vif et plein d’humour, elle avait un pouvoir de séduction indéniable. Fine, presque, un peu trop avec de magnifiques yeux, bleus, rieur en toute circonstance. Ce visage doux et dynamique n’était pas composé pour une quelconque façade commerciale de son travail vis-à-vis des clients du cabinet. Elle était profondément ainsi. Gaie, elle transmettait sa joie de vivre et son allant.

Aussi, après des années de collaboration, ce binôme praticien avait littéralement fusionné. Ils échangeaient trop de choses pour ne pas en partager les moments intimes. Bien au-delà de la convenance populaire

Ce ne fut pas immédiat, ils avaient une réelle honnêteté amoureuse envers leurs conjoints respectifs – du moins le croyaient-ils. Ils avaient l’un comme l’autre voulut croire en leur fidélité. Ils pensaient aimer. Ceci n’était qu’un leurre, enfoui par des années d’habitudes d’une vie qui ronronnait.

Lui, pour qui son métier comptait par-dessus, avait négligé sa femme sans penser une seule seconde qu’il puisse en être autrement. Réflexe égoïste d’un homme qui voulait se consacrer à son activité comme on entre en religion. Pour elle, il en était tout autre. Elle n’imaginait pas avoir un amant. Le mariage signifiait quelque chose. Un engagement auquel on ne contrevient pas du jour au lendemain, inconvenant et impossible à concilier. C’est au début ce qu’elle pensait haut et fort. Seulement la vie prend des tours parfois espiègles et romantiques à déjouer la petite partition que l’on tente de mettre en musique. Soudain, l’orchestration devient bien différente.

Il fallut beaucoup de temps et vaincre nombre de réticences pour qu’une fin de journée, restés tard pour terminer un cas épineux, ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Une étreinte longue, fougueuse traduisant l’accumulation de l’attente. Ils se plaisaient sans se l’avouer. Ni l’un ni l’autre ne  l’avaient prémédité, mais la complicité, les rires sur tel ou tel patient et l’entente née d’une même façon de travailler, avait doucement tricoté cette relation inavouée et impensable. Ils s’étaient subitement libérés de leur carcan pour se laisser aller, se laisser vivre.

Ainsi ce couple de métier était devenu un couple tout court.

Il leur était simple de se voir tous les jours, sans chercher d’excuses alambiquées. Par contre, se réserver des week-ends ou des nuits entières tenaient de la contorsion. Comment passer d’une situation maritale bien huilée, où chacun rentrait chez soi le soir, à des moments intimes grappillaient à leur foyer. De subterfuges en ruses élaborés, les deux amants fricotaient depuis, maintenant, près d’un an. Parfois, elle s’interrogeait sur l’existence de cette liaison extra-conjugale. Comment cela avait pu exister ?

Son mariage était-il à ce point en déliquescence ? Avait-elle été mariée par amour ou par raison ? Vaste et délicate question où la réponse n’était jamais la même en fonction de la journée ou son humeur. Elle ne souvenait pas précisément des raisons. Il y avait de l’amour, un peu, sans aucun doute, mais une impression diffuse aussi d’un léger malaise de s’être accouplé par principe, comme pour reproduire le modèle qu’elle avait toujours connu dans sa famille. Un héritage transmis de génération en génération. On finit par ne plus se poser de questions, on suit les traces, comme ça.

Il lui semblait que parfois son mariage se délitait au fil des habitudes. Une désagrégation lente et régulière. Son mari ne semblait pas s’en émouvoir. Mais pour lui la question était peut-être tout à fait différente. S’en rendait-il compte ? Rien n’était moins sûr. Il travaillait dur, il était bienveillant, courageux et attentionné, sans être mollasson. Finalement n’était-il pas le mari idéal, prévenant et présent.

Oui mais voilà, rien de magique, rien de romantique et encore moins aventureux. Ce n’était pas sa faute et elle aurait pu le faire changer ou lui en parler. Elle s’était tu si longtemps qu’elle donnait le change et l’impression de s’y complaire tout à fait, comme une mécanique d’horlogerie parfaitement huilée.

Alors elle avait sauté le pas, aux antipodes de ce qu’elle soutenait, elle s’était laissé aller dans les bras d’un autre. Torride passion, vertige échevelé. Les avantages d’une relation amoureuse sans les inconvénients. En définitive et contre toute attente, cela lui plaisait. Au début, du piment avait été ajouté à sa vie, le piment du mensonge et la crainte de se faire prendre rythmaient ses journées, elle goûtait ce surplus d’adrénaline avec délectation. Le sexe aussi n’était pas étranger à son désir de poursuivre l’aventure.

Puis vint une tout autre sensation, bien différente de celle que provoquent les interdits. Un sentiment plus profond, plus dangereux aussi et un nom bien simple et si impénétrable pour qualifier son état d’esprit. L’amour, elle sentait au fur et à mesure, tomber amoureuse de cet homme, son patron.

—– 3e Partie

Et le patient dans tout cela. Il était devenu presque anecdotique. Homme, femme, enfant peut importait. Il ne soignait pas un corps ou un esprit mais des dents et des gencives. Le reste pouvait ne pas exister. Disons qu’il était désincarné, ce pauvre bonhomme allongé sur le fauteuil spécialement médicalisé pour que le praticien exerce au mieux son talent.

Là, gisait donc un adolescent encore tendre. S’il avait quitté le monde des enfants, il était encore loin d’être entré dans celui des adultes. Beaucoup de subtilités lui échappaient sur la nature humaine et la cohorte de relations nouées, tout ce ballet incessant et surprenant. Il avait dépassé les relations binaires que peuvent ressentir les petits, mais l’entremêlement de celles qui se jouaient devant lui, le dépassé largement. Qui plus est, il était étranger à ce couple qui semblait, pourtant, drôlement bien se connaître. Les yeux écarquillés, aussi grands ouverts que la bouche, ces deux calots noir faisait des allers venus comme s’ils suivaient une partie de tennis. Parfois un des joueur sortait de son champ de vision, mais quand il revenait s’afférer à sa dentition, reprenait le balai incessant de postures et  non-dits que le jeune garçon percevait de temps en temps.

Une impression diffuse venait le surprendre et raviver son scepticisme ; ces deux adultes-là n’était pas étranger l’un pour l’autre. Sa perception sensorielle peu développée lui faisait tout de même comprendre qu’une simple relation professionnelle était hypothétique. Ce pseudo couple ne ressemblait pas à ses parents, il n’y avait certes pas cette proximité, quoique. Mais il jurerait qu’ils entretenaient une relation particulière. Cette façon qu’elle, sans se rendre compte, avait de le regarder. Tantôt énamourée, tantôt complice ou, à l’inverse, totalement révulsée par cet homme. Il sentait bien ce flot de sentiments contradictoires et interdépendants pour que cela ne soit qu’une simple coïncidence. L’homme, comme son père, paraissait plus emprunté à laisser paraître ses émotions, comme beaucoup de mâle songea l’adolescent. Il voulait se draper dans l’enveloppe du professionnel attentif, ignorant à toute autre péripétie non compatible avec l’exercice de son métier, imperméable aux doutes et aux évènements externes. Mais c’était bien une façade de circonstance. Il était aussi habile à masquer sa gêne, qu’un éléphant à tenter de faire des pointes.

Même pour un tout jeune homme, la ficelle était grossière et l’évidence sautait aux yeux. Ce n’était pas les boutons d’une acné encore fraîche qui le prévenait d’un tant soit peu de nuance. Encore une fois, il avait suffisamment observé ses parents pour savoir quand il y avait anguille sous roche. Et ces deux-là renvoyaient des signes manifeste d’un relationnel compliqué et pour le moins imbriqué – sans toute fois qu’il ne puisse savoir ce que tout ceci incluait réellement et sans vraiment en comprendre tout son sens.
Toujours est-il que couché sur ce fauteuil, il n’y avait pas d’échappatoire possible, il tentait bien de s’enfoncer à l’intérieur du cuir, comme par espoir d’y être absorbé et disparaître, rien n’y faisait. Il était bel et bien là et la douleur perçue dans sa bouche ne faisait que croitre. Au début, il avait résisté en voulant montrer tout le courage dont il faisait preuve, à la face de ses adultes aguerris. Puis il s’était dit que tout était assez normal, qu’après tout il était là pour une carie déjà fort avancée, et que, logiquement si elle le faisait souffrir tous les jours, elle allait bien encore un peu le titiller sous les coups de roulettes acérées. Or depuis le temps que cela durait, des siècles à n’en pas douter, ce mal était peut-être dû à l’inattention palpable du dentiste. Son assistante ne montrait-elle pas, depuis quelques minutes, des signes d’agacement ? Preuve du trouble qui régnait dans cette pièce. L’atmosphère devenait lourde et pesante. Lui, vautré, ne saisissait pas ce qui se tramait. Les deux autres partageaient les soins et leurs différends amoureux, le fossé ne faisait que se creuser.

 —– 4e Partie

Dans le cabinet ils donnaient le change pour les patients. Les gens s’en rendaient-ils compte ? Avaient-ils l’acuité de voir cette symbiose quasi parfaite ? Comment pouvaient-ils ne pas voir l’évidence ? Où était-ce son amour pour lui qui la faisait regarder cet homme avec des yeux totalement différent.

L’histoire avait débuté plusieurs mois auparavant. Echevelant, ébouriffante, presque une histoire de grand écran. Le technicolor dans la vraie vie. Elle aimait ces magnifiques moments de complicités. En fin de journée, quand, avec lui, ils statuaient sur un dossier. Longues réflexions sur l’état d’une dentition, les pistes à trouver pour arriver à la finalité. Les plaisanteries qui fusaient pour détendre l’atmosphère studieuse. Un jeu de mot ou une moquerie sur tel ou tel patient. A ce moment là, la répartie fusait dans un même instant, témoin du diapason intellectuel et affectif qu’ils connaissaient. Elle savait qu’elle et lui ne vivaient plus cette impression dans leur couple respectif.

Au début surtout, la passion emportait tout sur son passage ; le travail à boucler, le départ du cabinet pour ne pas rentrer trop tard et éveiller les soupçons.  Un dossier étudié, une plaisanterie, un sourire partagé, appelant un regard profond et attendri. Une main qui frôlait l’autre, un rapprochement plus marqué qui provoquait subitement une étreinte. Les mains parcouraient frénétiquement les corps, la chaleur irradiait la pièce. Les vêtements finissaient par joncher le sol et la fusion emplissait l’atmosphère. Ces moments furent proprement magiques, nombreux et sans commandes.

Ils avaient réussi, un temps, à faire évoluer cet amour professionnel. Des demies journées accordaient à Cupidon, voire de temps à autres des journées entières, un luxe fort rare et trop compliqué. Puis, quelques soirées volées à la barbe des conjoints, ponctuées de quelques nuits d’hôtel. Un bonheur qui avait fait son nid. Le charnel le disputait maintenant à une communion spirituelle. Ils s’accordaient sur nombre de sujets. Ils voyaient la vie par la même lorgnette. Il était heureux, elle faisait des projets. Ils mentaient sur leurs emplois du temps, ils omettaient leurs couples ; ils inventaient des dentitions déglinguées qui imposaient des heures supplémentaires. Ils ne calculaient ni les conséquences, ni la possibilité d’être pris la main dans le sac. Uns insouciance de jeunes amoureux qui induisaient forcément un changement dans leur relation.

Le piège s’était refermé net, sans prévenir. Ce pourquoi il luttait et auquel, elle n’avait pas cru au départ, les frappa implacable. Ils s’aimaient, point. Elle voulait quitter son mari pour vivre à la lumière son amour avec lui et aux yeux du monde pour  en finir avec toutes ces cachotteries. Accéder à des simples plaisirs, pour le moment, interdits, comme partir un petit week-end en amoureux. Erreur fatale, elle n’avait pas pensait qu’il hésiterait, qu’il n’était pas prêt à jeter au feu sa vie propre et structurée. Le mal courait depuis quelque temps, elle le savait, une impression sourde et enfouie. Un sentiment dont elle ne préférait pas parler, qu’elle ne souhaitait pas exhiber par crainte de l’évidence, et, probablement en posant la question de voir apparaître la fatalité.

Depuis peu, elle faisait de retours en arrière incessant sur ce qu’avait été sa vie. La façon dont elle avait changé, évolué. Elle qui, il n’y a pas si longtemps, considérait les choses que blanches ou noires. On ne pouvait être que mariée ou célibataire, aucune autre situation n’eut été tolérable. Sa vie était réglée ainsi. Une croyance forte et honorable, mais qui faisait fi de la vie tout simplement, de ces aléas et des facéties qu’elle met tout au long du chemin des êtres humains. Or sa liaison avec son patron avait forcément ébranlée ses certitudes. Balayés les grands principes gravés dans le marbre de ses convictions. Avalés les poncifs d’une vie ordonnée. A bien y réfléchir, comment avait-elle pu dévier de la sorte ? Hormis le charme indéniable de son amant, c’était plus la façon dont elle avait battue en brèche face à ces grandes théories.

Vivre deux vies simultanées mais tellement différentes, l’excitaient désormais en tout point autant que cela continuait de la déstabiliser. Elle n’aurait, pourtant, pas parié sur cette situation anachronique pour elle. Rétrospectivement elle ne s’en sortait pas trop mal. Elle avait appris à jongler avec ses deux mondes. Lui avait décidé de ne rien choisir. Il se cramponnait à cette solution qui lui semblait une bonne alternative. Il avait réglé sa vie comme on le fait pour une horloge, avec ordre et précision. Son travail, sa famille et sa maitresse. Cela suffisait – à ce qu’il croyait être – son bonheur. « Cramponnait », n’était d’ailleurs pas la terminaison à propos. Car, cette vie lui convenait parfaitement.

                                                                                                                     À suivre …

 

7 août 2011

Le crabe

Publié par ahhhh dans En Passant...

Le crabe carnivore est venu s’installer.

Le crabe carnivore s’est installé chez toi.

Il n’est pas question de justice immanente ou d’injustice probante. Il frappe à l’aveugle et tu étais sur son passage. Il est entré dans tes entrailles et s’est installé, comme ça au chaud et heureux. Il se repaît dans son repaire. Il se repaît de toi jusqu’à plus faim. Une fois rassasié, il changera d’endroit. Alors tu vas lutter et aidé par la science des hommes tout faire, absolument tout faire pour éradiquer le mal qui veut te ronger.

La partie n’est pas jouée d’avance. La défaite n’est pas écrite, mais la victoire est encore chimère qu’il ne convient pas de croire certaine, non par superstition qu’il faut laisser aux incrédules, mais simplement parce que tout ceci est affaire de lutte, de courage, d’espoir et de caractère à ne pas vouloir sombrer.

Le temps se compte et le compte à rebours vient d’être lancé. À tous ces adjectifs, tu y ajouteras la patience, car la contrainte de ce que t’impose la médecine est fastidieuse et lourde pour les journées d’un homme. Comme si cela ne suffisait pas de souffrir.

Mais c’est ainsi, c’est le prix à payer pour aller au-delà du mal et du renoncement. Pour aussi éviter l’inéluctable et croire au possible. Il te faudra lutter, te battre et ne rien céder. Il ne faudra jamais renoncer, nous ferons peu, trop peu pour toi et pourtant nous le voudrions. Nous ne ferons que peu parce que nous n’y pouvons pas grand-chose, insignifiants petits êtres forts peu préparés à affronter le crabe carnivore. Tout ce que nous pourrons faire c’est d’être à côté de toi, toujours avec force et conviction. Ça, nous le faisons bien et nous le ferons inlassablement.

Parce que tout simplement, face à la puissance de la nature et de ses mystères, nous opposons la seule chose précieuse en notre possession ; l’amitié, parce que tu es mon ami.

14 juillet 2011

Commedia

Publié par ahhhh dans En Passant...

Une vie… Qu’est-ce qu’une vie ?

Ballet ininterrompu.

La sienne, celle des autres, la somme de toutes les vies.

Ballet ininterrompu

Petites fourmis vaquant à leurs occupations.

Seules ou en couple, écosystème du genre humain.

Elle en larmes, lui adulé

Elle convoitée, lui abandonné

Elle comblée, lui frustré.

Eux ruinés et délaissés, eux vainqueurs et honorés
Lui assassiné, elle sauvée.

Elle violée, lui attentionné.

Lui majestueux et conquérant pendu à son cellulaire

Elle dans la rue errante et sans domicile.

Elle et lui habitués des soirées chics et guindées courant la nuit comme d’autres le cent mètres pour oublier leur vide, leurs affres et leur vacuité

Un enfant en haillons cherchant sa maman ensevelie sous les décombres, surpris par l’ouragan.

Les autres fréquentant les soupers fins et les joutes intellectuels comme on va au cirque.

Ici, on participe aux digressions convenues et aux pensées définitives.

Tandis que là on se demande comment finir le mois, payer le loyer et donner à ses enfants une vie digne.

Grandeurs et décadences.

Des accidents, des incidents, des félicités ou des bonheurs

Les rues remplies de voleurs, de menteurs, de gens bien, empreints de valeurs, accrochés à leurs chimères, à leurs rêves et leurs idéaux.

Croisant des gens perdus ou fervents croyants de divinité jamais apparues.

Une comédie que cette vie, un ballet que ces fourmis.

Des sommités pontifient sur le malheur et la pauvreté humaine et jonglent avec l’argent comme on fait tournoyer trois balles en mousse

Les jours s’enchaînent et les semaines s’égrènent. Une fuite sans fin, une fuite en vain

Des balles, des cris et des pleurs. Des oppressés, des exécutés et des torturés

Des joies indicibles, de l’amour et du sexe.

Couples entrelacés, entremêlés. Couples jouissants. Couples légitimes ou illégitimes.

Beauté féline, beauté orpheline. Laideur repoussante, laideur hideuse

Ballet de couple ébahi, où chacun pense à sa vie, n’a pas d’autres priorités.

Une commedia dell’arte grandiloquente ou majestueuse, pitoyable ou misérable.

Ces fourmis qui vivent en même temps une si grande différence.

Une course effrénée, mais ordonnée.

Mélancolie des âmes errantes, tristesse des corps vivants

Ces fourmis, milliards d’anonymes loin des lumières aspirant au mieux, au bien et dont leurs actes dépendent.

Poser les questions, donner un sens,

un sens giratoire ou un sens unique

Donne un sens à sa vie

Qui s’en souci ?

Qu’est-ce qu’une vie ?

C’est tout cela et bien plus encore.

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melissa571 |
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