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14 juillet 2011

Commedia

Publié par ahhhh dans En Passant...

Une vie… Qu’est-ce qu’une vie ?

Ballet ininterrompu.

La sienne, celle des autres, la somme de toutes les vies.

Ballet ininterrompu

Petites fourmis vaquant à leurs occupations.

Seules ou en couple, écosystème du genre humain.

Elle en larmes, lui adulé

Elle convoitée, lui abandonné

Elle comblée, lui frustré.

Eux ruinés et délaissés, eux vainqueurs et honorés
Lui assassiné, elle sauvée.

Elle violée, lui attentionné.

Lui majestueux et conquérant pendu à son cellulaire

Elle dans la rue errante et sans domicile.

Elle et lui habitués des soirées chics et guindées courant la nuit comme d’autres le cent mètres pour oublier leur vide, leurs affres et leur vacuité

Un enfant en haillons cherchant sa maman ensevelie sous les décombres, surpris par l’ouragan.

Les autres fréquentant les soupers fins et les joutes intellectuels comme on va au cirque.

Ici, on participe aux digressions convenues et aux pensées définitives.

Tandis que là on se demande comment finir le mois, payer le loyer et donner à ses enfants une vie digne.

Grandeurs et décadences.

Des accidents, des incidents, des félicités ou des bonheurs

Les rues remplies de voleurs, de menteurs, de gens bien, empreints de valeurs, accrochés à leurs chimères, à leurs rêves et leurs idéaux.

Croisant des gens perdus ou fervents croyants de divinité jamais apparues.

Une comédie que cette vie, un ballet que ces fourmis.

Des sommités pontifient sur le malheur et la pauvreté humaine et jonglent avec l’argent comme on fait tournoyer trois balles en mousse

Les jours s’enchaînent et les semaines s’égrènent. Une fuite sans fin, une fuite en vain

Des balles, des cris et des pleurs. Des oppressés, des exécutés et des torturés

Des joies indicibles, de l’amour et du sexe.

Couples entrelacés, entremêlés. Couples jouissants. Couples légitimes ou illégitimes.

Beauté féline, beauté orpheline. Laideur repoussante, laideur hideuse

Ballet de couple ébahi, où chacun pense à sa vie, n’a pas d’autres priorités.

Une commedia dell’arte grandiloquente ou majestueuse, pitoyable ou misérable.

Ces fourmis qui vivent en même temps une si grande différence.

Une course effrénée, mais ordonnée.

Mélancolie des âmes errantes, tristesse des corps vivants

Ces fourmis, milliards d’anonymes loin des lumières aspirant au mieux, au bien et dont leurs actes dépendent.

Poser les questions, donner un sens,

un sens giratoire ou un sens unique

Donne un sens à sa vie

Qui s’en souci ?

Qu’est-ce qu’une vie ?

C’est tout cela et bien plus encore.

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