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7 mars 2012

Que reste-t-il ?

Publié par ahhhh dans En Passant...

Que reste-t-il du bout de chou qui courrait insouciant, le cœur léger, peut concerné par la vie des adultes. Il avait sa vie à l’écart, légère et simple. Une solitude assumée et recherchée, des journées à imaginer moult actions grandioses. Une vie tumultueuse de héros proclamé courageux et impétueux. Bouffi d’un orgueil juvénile à braver mille dangers et croire en son destin, sans jamais douter qu’il ne puisse être autrement que mirifique.

Que reste-t-il de ce mètre et quelques au cheveu blond comme les blés pointant drus, cadenassé dans son monde abstrait, reclus pour exister et éviter d’être envahi par celui des autres et surtout de ses géniteurs trop occupés à se déchirer. Des instants condensés en souvenirs figés par la paraffine sur du papier glacé, jauni par le temps qui rattrape tout sur son passage. Des fragments de douceur ou de moment de vie tout simplement.

Que reste-t-il de ce bonhomme tantôt taquin et impertinent toujours prompt à affronter plus grand que lui dans des bagarres perdues à l’avance ; tantôt boudeur, triste et renfrogné, bousculé par la vie et ceux qui côtoyaient son univers, parce qu’il n’avait pas appris à croire en la légèreté de l’autre.

Que reste-t-il de cet enfant toujours poli et bien élevé dont on avait bien pris soin qu’il n’exprime aucun sentiment et s’en était fort bien accommodé. Isolé dans un cocon et fort protégeait contre, on ne sait quel danger. Heureux à la ville, dans sa chambre remplie de tout ce dont il avait besoin. Heureux de se vautrer dans l’herbe de la campagne. Heureux de nager dans cette eau qu’il avait apprivoisée pour en faire son élément favori.

Que reste-t-il dans cette vie d’adulte blessé ? Quelle est la part de l’enfant encore en lui ? La part du jeu, de la folie pure et du rire intact. Épris du rêve de vies différentes, éparses et lumineuses, passant d’un monde à un autre. Une vie de liberté, guidée par ses fantasques chimères, lui qui voudrait s’illusionner à n’en jamais douter qu’il subsiste toujours un enfant chez chacun d’entre nous.

Que restera-t-il du petit homme déambulant dans le couloir de ce train, la bouche maculée de cacao, ébahi par la vie et les gens assis qui le regardent attendris.

Que restera-t-il de ces deux gros calots noirs fixés sur qui lui sourit. Pas effrayé de qui veut le toucher et lui parler, confiant dans la main qu’on lui tend.

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