Carnet de Blog

9 septembre 2008

Une Edvige peut en cacher d’autres

Publié par ahhhh dans Fichage...

Il est bien difficile de ne pas revenir sur le sujet si présent du nième fichier de tous les fichés de France et de Navarre. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Promesse avait été faite en réaction à l’inaction générale de beaucoup, sans toutefois oublier la mobilisation de certains, contre « Base-élèves ».

Tel est pris qui croyait prendre

Car entendre maintenant les politiques pousser des cris d’orfraies sur ce fichage en règle est assez jubilatoire. Tant il est vrai que l’on est toujours plus concerné par ce qui nous touche – juste une petite Lapalissade de bon aloi. L’humain n’est jamais à une contradiction prêt.

Au moment de la mobilisation contre le fichier de l’école primaire le bien nommé « Base élèves », beaucoup d’élus locaux, de ministres surtout, n’y ont trouvé à redire. Jugeant même de l’utilité d’un tel fichier. Ne pensant aucun mal à ce que soit mentionné tous faits et gestes d’enfants dès leur plus tendre âge : 3 ans ! Ne voyant pas plus d’inconvénients à ce que ces mêmes chérubins soient affublés de diverses et variées notations dans le fichier pendant les quinze années qui suivent. Et ne trouvant rien à objecter de l’incongruité de la situation que par exemple, une claque donnée à l’âge de la pré-pré puberté à un petit camarade, qualifie la personnalité violente et profondément antisociale du marmot pour plus d’une décennie. Que nenni, « Base élèves » fut classé dans les fichiers permettant le pragmatisme gestionnaire. L’enregistrement des enfants, outil indispensable à la bonne marche de l’Éducation Nationale. Et de certains organismes chargés de traquer les sans papiers rétorqueront d’autres.
Or donc, ces mêmes caciques hurlant aux loups et au complot, jurant la main sur le cœur leurs troubles et leurs indignations sur la mieux nommée « Edvige ». Rama Yade toujours prompt à s’interroger sur le bien fondée d’une situation pour finalement rester au stade de l’interrogation. Que dire de la réserve du ministre de la Défense, le toujours réservé Hervé Morin…

On aurait tendance à leur poser la question, pourquoi « Edvige » et pas « Base-élèves » ? (Im)pertinente question dont la réponse est pourtant contenue. Parce qu’ils sont probablement dans la première nommée et de toute évidence pas dans le second. L’adage est formellement démontré, on n’est jamais mieux servi que par soit même.

Alors qu’ils se débrouillent avec leur fichage. Puisque la plupart d’entre nous appartiendront au deuxième mais moins surement au premier !

Ce n’est qu’un début

Il a fallu en fait, pour se décider que trop c’est trop, l’expression de la pensée de la journaliste Elisabeth Lévy (www.causeur.fr), chroniqueuse à son temps perdu sur Europe 1, pour prendre le clavier. J’avais pu constater le gouffre qui nous sépare sur l’actualité. Son article concernant le bourbier Afghan et le cirque des « journalistes » du torchon à grand tirage tient plus du numéro d’équilibriste que de celui du métier de plume. Tendance je crache pas dans la soupe et en Salomon rend un jugement emprunt d’intelligence et de réflexion intense concluant à : je suis surprise de ceux qui le sont et de ceux qui ne le sont pas, Belle prouesse au demeurant. Je vous le laisse découvrir. Après tout on peut ne pas être d’accord et tous les avis se valent, sans l’ombre d’un doute.

Mais l’entendre pourfendre sans vergogne tous ceux qui s’insurgent contre ce xième fichage, et gloser sur les ridicules propos qui seraient de prétendre que nous nous tournons vers une forme de totalitarisme. Nous expliquant notamment la nécessité de renseignements au motif d’une harmonisation européenne ; au prétexte de comparer l’Allemagne et la Grande-Bretagne réputée aimer à ficher tout et n’importe quoi, pour démontrer que ce ne sont pas des nations totalitaristes, on s’en doutait. S’esclaffer contre toutes les midinettes des soi-disant bonnes causes et autres vierges effarouchées toujours trop promptes à brandir l’étendard du complot et de la manipulation. D’argumenter sur l’existence incontournable du casier judiciaire, en ayant la belle probité d’oublier de mentionner que le casier établit les infractions constatées et non des prés supposés et éléments de vie strictement attachés à la personne. Quid aussi du contrôle de ces fichiers. Documents, pour le moment autant qu’on le sache, entre les mains angéliques de la seule police. Sans censure et sans un arbitrage de juges, de personnalités dont l’indépendance seraient indiscutables. Pour terminer de pérorer sur l’existence historique de ce genre de fiches tendance R.G. La belle affaire.

Car c’est avec ce genre de raisonnement que l’on en vient à ne plus jamais se mobiliser et s’effrayer de rien. Pourquoi tousser contre Edvige, puisqu’il y a « Base élèves », Cristina (tout nouveau en date et celui-ci, classé secret défense, encore plus simple) et tous les autres, de nombreux autres. Dormez tranquille….

Une société qui agit sur les angoisses de ces concitoyens, se servant du terrorisme, de la peur de l’étranger voire de « l’autre » et des menaces qui ne manquent pas de peser tous les jours est une société qui se replie sur elle-même. Une cité malade, vieillissante, schizophrène et névrotique. Une nation qui joue à effrayer ses pairs ne gagne rien à entretenir les démons. Pis, elle provoque des oppositions et des rancoeurs. Mais cela lui permet de justifier au recours systématique de ses services de police pour mieux préserver le nantis (surtout). Ce retour à la pudibonderie et à la morale vertueuse – imparable – à tous crins est un glissement dangereux et peu salutaire. Une république qui finira par effacer les trois mots graver dans le marbre de ses édifices pour filer droit vers son nouveau postulat incontournable : travail, famille, patrie.

Nous ne sommes pas, encore, un état totalitaire effectivement Madame Lévy, mais pire nous en prenons le chemin avec l’assentiment des biens pensants.

26 juillet 2008

Piqure de rappel

Publié par ahhhh dans Éducation..., Fichage...

Dans le dossier du fichier centralisé pour les écoles du premier degré, joliment intitulé « Base élèves » (cf article précédant : « Fichage en règle »), mi-juin le ministre Xavier Darcos faisait une incroyable volte-face en annonçant le retrait de toutes les mentions qui portaient à caution (origine ethnique, origine du pays, informations sur les parents, antécédent scolaire, dossier médical, etc.). Communiqué aux allures de victoire pour les opposants de la première heure à travers tout le territoire.

Pourtant on peut s’interroger sur ce supposé revirement. En effet, dès avril les inspecteurs académiques certifiaient l’annulation des mentions suspicieuses. Il faut expliquer comment l’on arrive à supprimer des éléments qui sont supposés ne plus exister. Étonnant non ?

Des mentions inquiétantes

Dans cette dérive sécuritaire jamais constatée par le passé, rappelons que ce fichier prévoit ou prévoyait selon où l’on place sa confiance :

• Les données nominatives concernant un enfant sont accessibles à l’Inspecteur de circon¬scription et à l’Inspecteur d’académie (à l’exception du périscolaire), et en grande partie, aux différentes écoles fréquentées par l’élève ainsi que, par la suite, au collège.

• Les données sont conservées « pendant toute la durée de la scolarité [...] soit au maximum 15 ans ». (déclaration du Ministère de l’Éducation nationale à la CNIL, Commission nationale de l’informatique et des libertés).

• En réponse aux parents qui tentent de refuser que les informations relatives à leur enfant soient entrées dans « Base élèves » en ne remplissant pas la fiche de renseignements, l’Inspecteur d’académie de Grenoble recommande, dans une lettre du 14 avril adressée à ses directeurs d’école : « d’entrer les données dont ils disposent et de recourir au système de la « moulinette » c’est-à-dire d’importer les données depuis leur logiciel interne », ce qui est irrégulier.

• Les données concernant les élèves de 70 % des écoles françaises circulent sur internet et ne sont toujours pas sécurisées. Les protections d’accès, demandées depuis longtemps par la CNIL, ne sont toujours pas effectives. En juin 2007, le Canard Enchaîné avait déjà dénoncé la non sécurisation du fichier. Un an plus tard, soit plus de trois ans après le lancement de « Base élèves », la situation n’a pas changé. Les nombreux scandales révélés montrent la fragilité des systèmes informatiques : erreurs (25 % dans le fichier STIC de la police), pertes de données, piratage, évolution en catimini, etc.

• II n’y a aucune garantie pour les parents concernant l’évolution de ce fichier. Le fichier évolue sans contrôle : le 22 juin 2007, la CNIL garantissait que les « notes ou évaluations de l’élève » ne figureraient pas dans ce fichier. Or depuis ont été rajoutées : la validation des compétences (maîtrise de la langue française, mathématique, langue vivante étrangère, possession d’une culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et esprit d’initiative). De même, d’autres données sensibles comme les PPRE (suivi pour les enfants en difficulté) et PPS (suivi pour les enfants handicapés), ont été rajoutées. Les champs « nationalité » et « date d’entrée en France » ont été annoncés supprimés fin 2007 et ont été remplacés par « pays de naissance ».

• Le fichier est centralisé : c’est un traitement informatique national. Le Ministère de l’Éducation nationale est maître d’ouvrage du traitement. En liaison avec son entrée dans « Base élèves », chaque enfant se voit attribuer un Identifiant national élève (INE) qui le suivra tout au long de sa scolarité, permettant par exemple d’assurer la liaison entre « Base élèves » et celui du collège.

• Le fichier est partageable avec une autre administration : les mairies, auxquelles l’inspecteur doit communiquer les informations relatives à l’absentéisme des élèves
Les maires ont accès à une partie des informations de « Base élèves ». Par ailleurs, un décret d’application du 14 février 2008 de la loi dite « Loi relative à la prévention de la délinquance » autorise les maires à créer un fichier leur permettant de suivre l’absentéisme des enfants d’âge scolaire, les directeurs et inspecteurs d’académie devant transmettre aux maires les données concernant cet absentéisme. La notion de secret professionnel partagé a été introduite entre la police, la justice, les services sociaux, l’école (directeurs et inspecteurs), avec les maires au centre du dispositif.

• Les champs soumis à l’accord des familles: un simple effet d’annonce, incohérent et sans garantie. Tous ces champs ont clairement un caractère médical ou psychologique. Les directeurs doivent demander l’accord des familles pour renseigner ces champs, mais par ailleurs, la déclaration à la CNIL prévoit que ces champs puissent être directement renseignés par les inspecteurs :
« L’inspecteur chargé de circonscription et l’inspecteur d’académie complètent « Base élèves » dans deux domaines :
- les élèves instruits hors école (famille, CNED, hôpital, établissement spécialisé) ;
- les informations relatives à l’Adaptation et à l’intégration scolaire (AIS) concernant les besoins éducatifs particuliers ou les demandes d’orientation émises.

Édifiant à plus d’un titre.

Sous la pression parentale de son propre camp

Xavier Darcos, entre réforme et coupe sombre, a donc là aussi tranché. Mais pas dans le sens de la loi liberticide.
La mobilisation des enseignants, des parents y est sûrement pour beaucoup. Mais il se murmure surtout que les parents affiliés et proche de l’UMP ont beaucoup agi en découvrant ce fichier et leur émotion a été entendu en plus haut lieu. Si même eux se sont inquiétés, c’est dire…

Maintenant l’intention du ministre est peut-être d’envoyer un signe d’apaisement en éradiquant un fichier qui de toute façon patauge un peu quant à sa mise en place, pour mieux faire passer au pas de charge l’ensemble des réformes scolaires qui lui tient à cœur et surtout à celui de son patron. Dans les hautes sphères, on aime à relire la mythologie, avec une petite préférence pour la guerre de Troie et son cheval.
On regrettera au passage cette tentation de vouloir réformer à tous crins en affaiblissant le système éducatif. L’enseignement scolaire s’américanise, hélas…

Pour en finir – provisoirement – avec le dossier « Base élèves », prudence est mère de sûreté. Cette méfiance est de mise dans cette histoire obscure.
La rentrée scolaire 2008-2009 livrera les réponses. Si finalement on peut déboucher le champagne de la victoire au coup d’arrêt porté à une très dangereuse multiplication de fichiers en tout genre et pour tous les services de l’état, qui s’il ne sait multiplier les petits pains du pouvoir d’achat demeure excessivement créatif à s’inviter dans la vie de ses concitoyens.
Une fois la coupe de bulle vidée, il sera alors grand temps de s’attaquer à cet autre fichier du même calibre que son petit frère « Base élèves », qui sévit depuis bien plus longtemps dans le secondaire et joliment nommé SCONET…

30 avril 2008

Fichage en règle

Publié par ahhhh dans Éducation..., Fichage...

Fichage en règle dans Éducation... img1177.vignette Il est des sujets qui tiennent à cœur. « Base élèves », fichier centralisé interconnecté ayant pour but de répertorier tous les élèves des écoles primaires et leurs familles, en est un tout particulièrement.

C’est au détour d’un dossier que je réalisais pour un quotidien régional, qu’il m’a été donné de découvrir la volonté de nos dirigeants à boucler la boucle du fichage. Il faut appeler un chat un chat.
La surveillance des citoyens, c’est un peu comme le public que revendiquaient les albums de Tintin, de 7 à 77 ans. Sauf qu’ici ce serait plutôt du début jusqu’à la fin.

Bien plus qu’un logiciel ; un programme.

À l’insu des parents, donc, l’Éducation Nationale s’est évertuée à développer un programme qui aurait pu – dû rester dans chaque établissement, ce que demandait d’ailleurs les enseignants. Devant le nombre croissant des obligations à remplir, un directeur d’école à certainement besoin d’informatique pour l’aider dans ses taches administratives. De là à concocter le moyen imparable de tout savoir et tout connaître sur la vie d’un enfant et surtout de sa famille…il n’y a qu’un tout petit fossé que franchit allégrement ce fichier « Base élèves ».

D’autant que le serveur situé à Poitiers permet une large consultation par tout autre organisme ou ministère. Les parents sans papiers dont les enfants sont scolarisés, n’ont qu’à bien se tenir. Les quotas de monsieur le ministre Hortefeux ont de beaux jours devant eux.

L’administration de tutelle assure ne pas vouloir se servir d’éléments personnels mais seulement de statistiques globales. Dans ce cas pourquoi un outil aussi sur dimensionné ?
De nombreux items existent et sont, devenus facultatifs, après avoirs étés montrés du doigt par la CNIL.
Par exemple dans la première mouture de la base, la nationalité et des données ethniques étaient mentionnées. Contrairement à ce que prétend l’administration, elles n’ont pas été supprimées. Mais déplacées vers d’autres onglets… Nuance verbale importante et peu anodine !…
Pour exemple encore, dans l’Orne où 90% du département est sous ce système, les critères de renseignements ont déjà évolué. Désormais la catégorie socio-professionnelle des parents est demandée. Il est évident que cet outil informatique ne fera qu’évoluer. Un inspecteur académique régional – dont je tairais le nom – admettait devant mon stylo et bloc-notes qu’il ne pouvait prédire l’évolution à 10 ans d’un tel programme. Édifiant non ?

Souriez vous êtes fichés !

Un des multiples problèmes que pose également ce programme est son accessibilité. Outre les possibilités de piratage dont, pour le coup, la paranoïa n’est pas de bon aloi. C’est beaucoup plus les personnes qui renseignent ce fichier qui est sujet à caution. Au départ, seuls les secrétaires de Mairie d’une part et les directeurs d’écoles d’autre part sont habilités à le faire.
Or, par manque de temps ces derniers demandent à des auxiliaires de renseigner des questions et données relatives à la vie privée des citoyens. Une incontestable notion de confidentialité.

La tentation de nos gouvernants de tout temps et de toutes couleurs politique, sous couvert de sécurité et de, protection est véritablement de nous ficher. Cela rassure les braves gens. Certains abondent dans leurs sens puisqu’à l’évocation des craintes sur « Base élèves » ils répondent qu’il existe bien la carte d’identité et la carte vitale et qu’un fichier de plus ou de moins ne changera plus rien… Effectivement imparable !

Big brother à de beaux jours devant lui. Et déjà « Base élèves » avait un grand frère SCONET, même type de fichier pour les collèges et lycées mis en place dans la plus grande discrétion il y a quelque temps. Histoire de boucler la boucle.

L’ingéniosité humaine est sans limites à toujours chercher de nous construire le meilleur des mondes.

 

  • En Savoir Plus :

La Ligue des Droits de l’Homme agit beaucoup contre ce fichier. L’antenne de Toulon est l’une des plus active. Elle propose de signer une pétition en ligne. D’autres pétitions circulent sur le net. Sur n’importe quel moteur de recherche tapez « Base élèves » vous serez surpris du nombre de lien.

Le Maire de Grenoble est très actif contre ce programme. La mairie, en conseil municipale a fait voté une motion contre. http://micheldestot.blogs.com/le_blog_de_michel_destot/2008/04/fichier-base-lv.html?cid=112322100#comments

D’autres Mairies aussi ont voté une telle motion comme celle de Saint Genis-Pouilly dans l’Ain.

melissa571 |
34190ganges |
francoisbamba |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | philea
| Documentaires pour tous
| boumboumjames