Carnet de Blog

12 septembre 2008

Laïcité Posi… ? quoi ??…

Publié par ahhhh dans Laïcité...

Quel fumeux concept présidentiel inventé que la « laïcité positive », et n’évoquons pas ici la risible et inadéquate (consternante ?) comparaison de la présupposée supériorité morale des curés sur celles des instituteurs.
Encore plus fumeuse la définition proposée en écho par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican et bras droit du pape louant à plusieurs reprises ce principe, «La laïcité positive refuse l’intolérance ou l’hostilité, elle respecte, elle aime et cherche à faire grandir l’autre tel qu’il est pour l’amener à se dépasser et à donner le meilleur de lui-même ».

C’est nouveau ça vient de sortir. On serait tenté de penser que c’est faire du neuf avec du vieux que de moraliser de la sorte. S’il n’y avait que de la provocation, nous parlerions ici d’enfoncement d’une porte ouverte par l’éminente éminence du Pape.

C’est un fait désormais acquis ces dernières décennies et probablement celles à venir d’être le théâtre de toutes les manipulations et tentatives hégémoniques religieuses. Quel que soit la marque de fabrique de la dite religion. Une revanche prise sur des années de frustration née d’une volonté populaire de séparation adéquate du pouvoir clérical, judiciaire et surtout exécutif.
Mais les combattants fussent-ils d’esprit ne meurent jamais, c’est bien connu.

Aussi tous les camps théologiques et leurs cohortes d’intellectuels font assauts d’ingéniosité et de vertus pour reprendre la main et redéfinir les contours d’une domination sur les êtres. Aux mépris des libertés de penser et de disposer de soi-même et de ce que l’on veut croire et affirmer. Absolument aucunes des religions officielles ou sectaires n’échappent à cette règle et le combat en souterrain est probablement beaucoup plus intense que l’on peut croire. Car les enjeux sont immenses et dépassent largement un périmètre géographique.

Réaffirmer sa volonté

Si certains ont choisi l’isolement moyenâgeux et violent, encore que le moyen âge fut un siècle de progrès rendant l’affirmation tendancieuse, ils ont en tout cas privilégié la violence. D’autres préfèrent à la force la voie de l’esprit, moins visible mais à terme bien plus redoutable. Les attaques incessantes contre cette laïcité, de tous les bords qu’ils soient, témoignent de ce danger. Il n’existe pas un jour que la matière ou l’anti-matière fasse, sans que ne soient testées les résistances de nos défenses pour la laïcité. Tous les dogmes religieux s’y essaient et cherchent la brèche, malheur à nous, celui qui l’a trouvera.

Pour revenir à la démonstration papale, largement appuyée par le président des français de manière toutefois (volontairement ?) éronnée, quelle besoin de redéfinir ce qui l’est parfaitement pour en définitive mieux la piétiner. Osons même avancer, au-delà de la porte ouverte, un pléonasme grossier et inutile. Ou bien est-ce de parler d’une idée, d’une ligne directrice forte par quelqu’un qui somme toute ne la comprends pas, ou insidieusement, fait mine de ne pas l’assimiler en suggérant au passage vouloir concilier foi et laïcité, n’importe qu’elle foi, alors. Un cheval de Troie que d’introduire une nouvel élément pour mieux annihiler le principe de base.

Car il n’y a de laïcité positive, négative ou comme entendu récemment « à la française » ou à adosser à un autre principe ou tout autre. Il y a là juste une expression basée sur la liberté qui se pratique au jour le jour mais ni dans l’indifférence, ni dans l’ignorance. Il n’existe qu’une laïcité universelle, indivisible, œcuménique, rassembleuse et vertueuse. Une laïcité tout court, prosaïquement.

Laïcité : une juste cause

Il faut rappeler au chef des français et profiter de la venue d’un chef religieux, que ce soit celui ci ou de tout autre confession, que notre république est laïque et que cette idée majeure n’est point idéalisme mais bien une réalité qui implique de facto qu’il n’existe, en aucun cas, de vérité religieuse officielle. Et que ce ne le sera jamais. Nous avons choisi d’inscrire sur les frontispices de nos bâtiments officiels pour mieux le graver dans le marbre de nos convictions, les mots : « égalité-liberté-fraternité » ce sont les seuls que nous reconnaissons comme fédérateurs et consensuels.

Notre société doit demeurer multi culturelle et multi raciale sans exclusive. Par moment, elle gagnerai à revoir ses fondamentaux et revenir à ses principes fondateurs. C’est aussi la meilleure façon d’éviter autant que faire ce peut les tensions et communautarismes trop prompt à ressurgir et diviser une nation.

Enfin il faut expliquer au patron des catholiques que le spirituel et la quête du sens de la vie n’est nullement l’apanage des religieux. Certes ils en font leur chemin (de croix parfois), mais cela concerne aussi les philosophes et tout autant, les individus non-croyants souhaitant réfléchir sur leur existence. Sur ces questions, comme sur tout autre, on peut emprunter des sentiers différents, il n’est pas sûr qu’ils ne mènent pas tous…à Rome !

Mais pour ceux qui ont choisi de vivre et surtout défendre la république laïque, il n’est guère sage et pensable d’entendre parler de positivité ou autre postulat nébuleux. Car notre république défend le rassemblement de tous et garantie la liberté de conscience et de culte de chacun. En respectant fondamentalement toutes les convictions et la diversité des êtres humains qu’elle accueille en son sein.

Un des père du conservatisme anglo-américain (dommage) – Edmund Burke – a dit un jour « le mal triomphe de l’inaction des gens de bien ». Lui le pensait probablement plus sur l’aspect manichéen, pourtant en le transposant à notre problématique, ceci s’applique parfaitement à tout et à tout le monde.

17 juin 2008

Petite cause, graves effets

Publié par ahhhh dans Laïcité...

Il est des sujets pour lesquels la temporalité n’a pas de prise. À tout le moins la durée de penser et de disserter dépasse allégrement la date de péremption d’un yaourt bio. Le cas du désormais fameux « Mariage annulé de Lille », aujourd’hui encore me passionne à réfléchir sur l’absurdité humaine et sa constance à être souvent ridicule, inhibitrice et odieuse.

Cette affaire démarrée fin mai, début juin est finalement retombée tel un soufflet mal préparé.
En son temps, j’avais promptement réagi, profitant de mon extraordinaire position de correspondant local de presse, pour m’emparer du sujet.
Une connaissance oeuvrant – le mot n’est pas trop fort – pour le collectif « Ni Putes, Ni Soumises », me proposait un papier un peu généraliste sur ces femmes soumises mais plus spécifiquement rattaché à la triste histoire qui nous occupe.
Rendez-vous fut pris pour une interview et commettre un acte citoyen, à nous seuls, de défense de la république et sa laïcité. Par extension, sans fausse modestie contre la bêtise humaine, n’ayons peur des mots !
Mais ma rédaction centrale estima mon travail à sa juste place, celle de localier juste bon à traiter les nouvelles, « news » dans le jargon des journaux, l’anglicisme, même en province fait plus chic. Les réflexions et autres commentaires de fonds sont réservés aux grands journalistes. Plus vous montez sur Paris et plus doués sont-ils à avoir des idées dont le moindre péquin peu (doit) profiter, illuminé sera-t-il par tant d’intelligence et de clairvoyance. Et que les tâcherons restent à leur place.

Il ne me reste donc que mon espace personnel pour m’exprimer sur ce sujet. La meilleure façon au moins de n’avoir aucune contrariété de contradiction. Au moins si je doute encore de l’utilité d’un blog, voilà une excellente raison d’en envisager le contraire. Je peux y publier ce que bon me semble, en tout impunité. C’est au moins une consolation.

 

Voici donc ce qui ne fut pas publié :

< Cela aurait dû rester une petite histoire banale. Celle d’un couple pas fait l’un pour l’autre, où la femme accepte une situation honteuse pour s’éviter des années de malheur au côté d’un homme attaché à ses coutumes, fermer la parenthèse.
Oui mais voilà, un tribunal et son juge laïque et républicain en ont décidé autrement dans le cas désormais tristement célèbre du « mariage annulé de Lille ». Il ouvre une véritable boite de Pandore.
Le collectif Ni Putes Ni Soumises du Pays de Gex (NPNS) et l’une de ses représentantes, Blandine Charrue tenait à réagir sur cette affaire.
Si elle pense que la décision du tribunal n’est juridiquement pas contestable, estimant que le juge, saisi par un avocat malin, n’avait guère de latitude, là n’est pas son problème et voit beaucoup plus loin les conséquences dramatiques et néfastes pour le travail que nombre comme elle effectue sans relâche sur le terrain.

Une lutte pour l’égalité et la dignité

Elle lutte tous les jours contre des coutumes d’un autre temps, des certificats de virginité délivrés en complaisance, le pouvoir des « grands frères ». Tous ces carcans faussement idéologiques participant de l’avilissement de la femme, maintenue à un rang indigne et inférieur. « Je passe mon temps à remonter leurs égos. Je crains l’effet à long terme d’une telle décision ». Pour cette représentante du collectif c’est « acter la répudiation. La pire chose qu’il soit ». Dans certaines familles, la coutume prend souvent le pas sur tout le reste. Le procès de ce couple n’avait rien avoir avec ce genre de pratique, ni même probablement avec une quelconque religion, les propos de la jeune femme en témoigne.
Mais il renvoie de facto vers ceux qui pratiquent à l’ombre de nos institutions la négation du droit absolu de la femme, de son droit à disposer de son esprit et de son corps, en un mot d’elle-même.

Hervé Gransart

Repères = L’Agraf et le comité Ni Putes Ni Soumises ont publié un communiqué intitulé « Stupeur et colère » pour s’élever contre ce fait-divers. www.agraf.asso.cc-pays-de-gex.fr>

 

Des valeurs à ne pas galvauder

Dans ce sombre dossier, certains y ont vu une coutume religieuse, ce qui n’est point. Tout juste une tradition d’un autre temps. Il est presque devenu une affaire d’état par la faute d’un tribunal et son juge pourtant laïc et républicain.
Ce magistrat qui aurait pu peser 7 fois la balance de la justice avant de prendre une telle décision.
Mon amie du collectif NPNS me faisait remarquer que sur la forme, en parlant uniquement technique celui-ci n’avait guère le choix. Mais sur le fond, sur le fond, les conséquences sont tellement dramatiques, atterrantes. Renvoyant la condition féminine à la préhistoire.

Je mets volontairement à part la petite et insignifiante histoire de ce couple qui s’est en fait rendu compte au bout de quelques heures (d’une nuit, triste nuit vraisemblablement !) qu’ils n’étaient pas fait l’un pour l’autre. Lui n’a pas trouvé de moyens plus élégants (quel sinistre personnage) pour se sortir de cette situation, elle empêtrée dans son erreur a cédé par facilité (elle le confirmera par avocat interposé).
Mais le juge lui saisi de ce cas, aurait pu aller voir un peu plus loin que ce dossier, regarder les implications. Dans notre société, on gagnerait à parfois se déclarer incompétents sur certains sujets, il n’y a pas de honte à cela. Pour éviter de statuer à tort et à travers.

Nous avons tous publiquement ou non, disserter, ergoter sur la « qualité essentielle ». Était-ce le mensonge ou la virginité de la dame. En fait, peu importe ; les deux ou ni l’un ni l’autre. Il fallait, dans leur cas, le laisser au domaine du privé et rien d’autre. Cette boite de pandore ouverte renvoie au problème de l’égalité homme/femme, où l’un est protégé physiologiquement par la nature qui empêche toute vérification, comme cela est arrangeant !

Il ouvre aussi sur un monde que nous refusons, celui de l’avilissement de la personne en générale et de la condition féminine en particulier. Elle cautionne les arrières-gardistes de tout poil qui sont légitimés par ce genre de rendu de justice. Quant à ces coutumes qui ne sont pas les nôtres, certains ont abandonné, par angélisme ou mièvrerie, le principe d’une terre d’accueil (ce que nous devons être) où malgré tout, c’est à celui qui arrive de s’adapter et non l’inverse, l’aide à l’intégration par contre est indispensable. Soyons réalistes, faire autrement c’est justement faire le lit des extrémistes et des communautarismes, les exemples foisonnent en ce moment. Être humaniste et démocrate n’interdit ni autorité ni obligation du respect des valeurs auxquelles justement l’on croit et auxquelles nous sommes viscéralement attachées. La liberté, le respect, l’égalité, la laïcité ne se transigent nullement, à aucun moment, dans aucune circonstance.

Ces valeurs sont immuables, quant au droit fondamental de la femme, celui d’être égal en tout point, il ne devrait jamais être négociable – jamais.

 

 

 

 

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