Carnet de Blog

7 décembre 2009

« Le Théâtre puissance 10″

Publié par ahhhh dans Rencontres...

Il m’a fallu être encore victime de la médiocrité crasse d’un zozo intronisé pseudo journaleu de seconde zone, frais émoulu d’une quelconque école de journaliste, lui laissant croire avoir tout vu et tout su pour charcuter au moment de la publication le texte qui va suivre dans le journal quotidien (dont je préfère ici taire le nom par pitié pour vos yeux….) auquel je collabore. J’ai donc eu envie de l’insérer dans « Carnet de blog » pour en restaurer l’intégralité ; reproduit cette fois sans coupures intempestives, in extenso et entier.

Mais au-delà de la frustration et la colère, provoquées par l’anémie intellectuelle du sbire, c’est aussi pour saluer ici, ce que je qualifierai simplement, une Artiste.

 

Rêves et magie réunis…

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<La rencontre fut programmée pour évoquer le 3eme festival des marionnettes en décembre à Divonne-les-bains.

Quand vous pénétrez dans l’antre fantastique de Constanza Solari-Vincensini, si vous connaissez votre heure d’arrivée ensuite vous vous abandonnez à l’imaginaire de l’hôtesse des lieux.

Le temps n’est pas invité, tout s’arrête sauf les rêves, la joie, l’énergie dégagée par la dame qui préside à la destinée des petites poupées gainées, jamais avec fil. « Impossible ! Moi il faut que j’entre ma main dans la marionnette, c’est physique !» déclare énergique la surprenante directrice.

Plus de 80 comédiens de tous styles sont accrochés au mur de son atelier auquel en fin d’entretien, elle vous convie ; fierté de la créatrice. Au mur toutes sortes d’yeux vous scrutent et surveillent faits et gestes, attentionnés à ce que la patronne ne risque rien.

Une passion, une vie, des spectacles

Il y règne un esprit, une atmosphère particulière, là où sont conçus ceux qui prendront un jour vie et donneront sens aux histoires écrites, interprétées par la directrice. Elles les aiment ses compères comédiens, caressant là le roi, jetant ici un regard attendri sur l’éléphant. On se prend à croire ; elles vont s’agiter. Lui, là ! Il a bougé, si, si je vous le jure avec certitude !

Constanza se raconte, elle aurait pu être peintre, artiste, comédienne, musicienne, elle a en fait choisi d’être tout cela et plus encore «  les marionnettes sont un spectacle permanent, une énergie folle, une vie » s’enflamme celle qui se dit être au service de sa troupe. D’une idée, une commande, un mot, elle trousse une histoire puis fabrique les vedettes du conte. Ces créations deviendront ensuite pour les besoins de la cause, d’autres personnages au gré des rêves de l’artiste.

Même faciès mais attitudes et émotions différentes, c’est tout l’art de la chef accroupie derrière son castelet à faire passer des idées, des sentiments à travers une main gainée de tissus. « Regardez ma main, elle vit si je le veux ! » et de jouer la comédie avec ses doigts et son poignet. Costanza est toujours prête à interpréter, s’enthousiasmer ou se révolter contre toute infamie ou injustice. Revendications sociales qu’elle garde pour des représentations pour adultes où le message est autre « pour les enfants je m’autocensure beaucoup, ils ne peuvent tout assimiler ; Ils enregistrent plein de choses mais c’est évidemment différent ».
Alors organiser un festival de marionnette dans le Pays de Gex a découlé comme une évidence, pour donner du temps d’exposition à des artistes à part entière que sont ses homologues. Pas pour le cachet, juste le plaisir d’en donner et voir la joie illuminer le visage de tous ceux qui viennent assister à un moment de convivialité et de chaleur humaine.  Si Saint-Genis est devenu bien trop gourmand pour ce genre d’association, Divonne et Ferney ont accueilli généreusement et immédiatement Costanza Solari et son président de mari avec leur association « il était une fois une marionnette…. ».

Une once de lucidité vous rattrape finalement, vous souvenant qu’une montre au poignet est le lien qui relie au temporel, il faut quitter ce lieu enchanteur et la fée des marionnettes, Rendez-vous est donc pris pour le 3eme festival des marionnettes du Pays de Gex. Il n’est pas facile de quitter les lieux, nous n’y avons fait que trois petits tours…>

 

  • En savoir plus :

Découvrez un univers magique :

www.01marionnettes.fr

13 mai 2008

Iskander, Poète, cinéaste, cubain libre

Publié par ahhhh dans Rencontres...

 

Travaillant comme pigiste pour le Dauphiné Libéré de l’Ain, il m’est, parfois, donné de rencontrer des gens hors du commun. Ce fut le cas un jour de début mai, où pour un festival de cinéma, l’on m’a proposé d’interviewer un artiste cubain, poète et cinéaste.

Et cet entretien fut indescriptible. c’est plus du domaine de l’indicible. Je crois fermement aux rencontres et à ce fluide, ce courant qui passe d’un être à un autre, ou qui ne passe pas.

Là, dans un court laps de temps, celui de questions réponses et ce malgré la barrière de la langue, il y a eu un véritable échange mais aussi et surtout une façon instantanée de se comprendre et d’avoir envie de ne pas se quitter si rapidement. Sachant qu’il y avait entre nous une traductrice, c’est dire alors ce que cela aurait pu être sans cela. C’est aussi ce qui me pousse à croire le début d’un lien fort.

J’ai donc couché les quelques lignes demandées par ma rédaction – trop peu à mon goût, je pouvais en faire le double, le triple. Aussi ai-je décidé de ne pas laisser perdre cette entrevue. Comme le fil ténu d’une relation qui se révélera peut être éphémère.

Le 18 mai, jour de notre prochaine rencontre nous verrons, l’émotion passée, s’il reste au-delà de cette impression magique ce lien humain qui unit les âmes et les esprits.

 

Paru dans le Dauphiné Libéré – Édition de l’Ain


CUBA LIBRE

 

Iskander

La foi de la résurrection sociale

Venu au cinéma pour la musicalité du 7eme art, Alejandro Moya est un artiste cubain, poète et écrivain. Surnommé Iskánder, nom perse d’Alexandre Le Grand, par son père quand il était plus jeune. Destin tout tracé ? Cette destinée dont on ne sait trop si elle vous emmène où bon lui semble, ou si vous en êtes toujours le maître. Cette question Iskánder se la pose encore et toujours. Il en fit un film en 2006, « Mañana ». L’évocation d’un avenir contrarié ayant pour théâtre la vie cubaine. Si la thématique est intemporelle et transposable en tout lieu l’artiste la lie à l’histoire cubaine. Car c’est elle qui occupe sa raison d’être.

Héritier du « Che »

Cinéaste indépendant, financé par des fonds non étatiques, il explique avec conviction que la censure à cuba n’existe pas en tant que telle. Il y a la caste gouvernante d’une part, et tous les autres, comme lui. Pourtant le succès de son long-métrage a poussé l’état cubain à le soutenir après coup. Ce qui ne s’était jamais produit.

Mais Iskánder poursuit son chemin, celui d’un artiste libre et engagé, héritier du Che et bercé par un mouvement contestataire « la nueva TROVA », artistes qui chantaient des textes accompagnés à la seule guitare, et se sont ensuite appropriés toutes formes d’art.

« Mon cinéma est inspiré de la vie »

Ce sont ces gens-là qui lui ont ouvert les yeux sur le monde.Toutefois, Iskánder se défend d’autres influences. Pour lui le cinéma, son cinéma, est inspiré de la vie. Comme beaucoup il se désole de la diaspora Cubaine, révélatrice d’un malaise profond. Thème central de son prochain film. Les cubains mêmes antagonistes, sont soudés à leur nation et à l’esprit de la révolution qui n’est plus en marche. Alejandro Moya aspire à recréer ce contexte et s’en remet au destin.

Lui qui place, dans son art, l’esthétisme au-dessus de tout, pour véhiculer la dimension sociale de son message. Iskánder a la force et la foi que rien ne paraît pourvoir ébranler. Si vous croyez aux rencontres humaines, dimanche 18 mai au Cinéma de Ferney-Voltaire vers 20h00, vous pourrez croiser celui qui incarne sans nul doute l’âme du peuple cubain.

Iskander, Poète, cinéaste, cubain libre dans Rencontres... spacer
Hervé Gransart>