Carnet de Blog

30 janvier 2009

Petit retour en arrière

Publié par ahhhh dans Faits de Société...

La pression retombée, l’émotion passée il n’est pas inutile de revenir sur l’investiture d’un président qui attise toutes les convoitises d’espérances et cristallise en un seul personnage l’espoir de millions d’autres.

Nous devons tous reconnaître une chose, il n’existe pas d’homme providentiel, tout juste d’homme présidentiel. Le seul « phénomène » encore non identifiée clairement et qui revêt des noms différents selon les rites et religions est dénommé dieu, notons au passage, à ce jour aucun d’entre eux ne l’a franchement été, du moins pas visiblement. Alors un être humain pensez-vous. Et ce ne serait pas sain du tout.

Mister Obama, cependant, est jeune, glamour, dynamique, métisse importante nuance. Pas que cela soit moins grave, mais il est le produit d’un mélange de race et de culture qui renforce plus encore cette impression d’ouverture à l’autre. Il a le port altier de ces gens dont on peut croire en leurs convictions et leur rectitude. Il a aussi la tête du gendre idéal, noir certes, mais avenant ! Il n’a aucune casserole, mieux personne ne le connaît réellement.
Et enfin, il est assez « rock ». Car avouez que son intronisation devant le Lincoln mémorial en présence de Bruce Springsteen et U2 est autrement plus glamour que Mireille Mathieu et Enrico Mathias la nuit à la Concorde. Tout pour plaire donc.

Un discours mitigé

Beaucoup, dans cette droite lignée attendait un discours à la Lincoln, mais autres temps, autres propos et l’on ne saurait lui reprocher un léger manque d’envolée lyrique. Qu’on se le dise Président Obama est un pragmatique responsable qui est là pour faire un « job » ardu.
Si cela manque un brin de verve, cela a le mérite d’aller droit au but ne se cachant pas derrière son petit doigt. En définitive, c’est tout ce qu’on lui demande.
Mais être un bon démocrate souple et ouvert sur les droits de l’homme où qu’il soit, ne signifie pas pour autant faire de cadeau sur le commerce. Loin s’en faut. Il faut s’attendre à d’âpres négociations voire de lourdes rebuffades. Le premier exemple de notre roquefort en est l’exacte illustration et ce n’est que le début. Nous aurons le temps de le constater.

Il aura aussi forte à faire avec son ex-future rivale, la très policée Hilary Clinton, dont on ne peut imaginer ne pas préparer 2012. Quel que soit le bord ou l’origine, le politique est un animal qui ne se souvient jamais du combat qu’il vient de finir, trop occuper à préparer celui qu’il n’a pas encore mené à bien. Il faut donc garder à l’œil ce tandem, où madame femme d’ex président n’est pas la dernière venue, attelage bien délicat et explosif. Et souhaiter que le président frais émoulus ne soit pas phagocyté par le clan de l’ex-joueur de saxo et de cigares. C’est un risque, on peut toutefois objecter que les années Clinton ne furent pas aussi chaotiques, mais chaotiques par rapport à qui, puisque l’Amérique a disparu dans les méandres abyssales de la vulgarité et l’ignominies depuis huit ans.

L’autre alerte de ce discours et cette annonce du retour « à diriger de nouveaux » (sic) en parlant de leur place dans le monde. Certes une puissance comme celle des Etats-Unis ne peut rester chez elle, repliée. Mais dans sa vue du monde où il exprimait l’amitié de l’Amérique envers tous les peuples et tous les hommes sans exceptions nous aurions – sans illusions – préférés qu’il choisisse une expression différente, car c’est bien le mot « diriger » qui fut prononcé. Chez un Américain, c’est ancré si fort, chassez le naturel…

Des débuts enthousiasmants

Là, s’interrompt la colonne des points négatifs. Largement contrebalancée par une kyrielle d’aspects rassérénant, augurant de possibles jours meilleurs.Il s’est clairement inscrit dans le « je dis ce que je fais et je fais ce que je dis ». Mieux encore pour être élu en dire peu et faire plus une fois aux commandes. L’histoire de droit à l’avortement est symptomatique d’un homme qui n’a peut-être pas fini de prendre le contre-pied de nos attentes, en bien ou en mal. Lui qui durant sa campagne s’était montré assez évasif sur ses questions vient de rétablir un droit aboli par le cow-boy du Texas.
Muet, volontairement parce que pas officiellement assis dans le fauteuil de sa fonction, il prend
sans tarder la mesure de la crise au Proche-Orient et y dépêche un diplomate qui façonna en son temps les accords de paix en Irlande. Jouant enfin un rôle de médiateur indispensable plutôt que de souffleur de braises.

En outre, il vient de signer un décret mettant fin à la disparité honteuse de rémunérations différentes, le mot est faible, des femmes par rapport aux hommes et pis encore de ceux de couleurs face aux blancs. Une vue égalitaire d’une nation comme peu l’ont affirmé une fois au pouvoir. Ces hommes de fortes convictions, est traité par certains de ses ennemis comme un idéaliste, si cela pouvait être véridique et avéré le monde en général et l’Amérique en particulier ne s’en portera pas plus mal.
Bien entendu il ne s’agit pas de sombrer dans l’adulation béate de la nouvelle vedette à la mode.
Il faut convenir d’un excellent début et si l’adage de la première impression comme référence se vérifie, gageons alors que des jours radieux se profilent, tout à fait revigorant.
À ce propos, il suffit de regarder par le prisme de cette formule toute faite, les premiers mois du président des Français, édifiant à plus d’un titre. Concédons que ce genre de précepte préconçu est fort dangereux, quoique…

Alors en ces moments compliqués et anxiogènes, que l’un d’entre nous suscite cet extraordinaire engouement ne peut que mettre du baume au cœur. L’espoir qu’il fait naître s’applique comme l’onguent pour apaiser les maux.
Porteur de ces valeurs fondamentales de vie et de respect d’autrui, il faut croire à ce monsieur. Pourvu que cela ne soit pas une chimère qui rabaisse et abatte en plein vol, les promesses qu’il a formulé. Pour ne se révéler qu’un cautère sur une jambe de bois.

13 janvier 2009

Chausse-trappe et victoire à la Pyrrhus

Publié par ahhhh dans Faits de Société...

Sujet délicat s’il en est… Mais ce conflit Israélo-Palestinien ou l’inverse pour ménager les susceptibilités, ne peut laisser indifférent. Le nième soubresaut dont on ne peut plus en compter le nombre donne à réfléchir. Encore et toujours.

Il convient aussi de manier avec prudence, tant la pensée que la parole car sans jeu de mot, le terrain est miné.
Prudence donc et en postulat de départ, il faut clamer avec force et conviction ne pouvoir rester insensible à tant d’horreur, d’ignominie et de bêtise.
S’il faut condamner l’incursion Israélienne dans la bande de Gaza, il faut admettre instantanément que le mouvement islamiste du Hamas est surtout un groupuscule terroriste ayant largement provoqué le voisin pour l’obliger à réagir. Ce qu’il fait sans ce faire prier.

Dans ce cas épineux, on peut aussi – on doit prendre position – sans être taxé d’anti-sémitisme en n’adoubant pas aveuglement les faucons guerriers Israéliens ou d’anti-arabisant en ne donnant pas un blanc seing aux va-t-en-guerre islamistes.

L’histoire de la poule et l’oeuf

Admettons toutefois qu’à ce petit jeu macabre, bien malin celui qui a la solution. Depuis des décennies les bonnes volontés se sont affairées au chevet du grand malade, sans succès, il faut avouer.
Jimmy Carter, et ses accords de Camp David, s’y est heurté. Bill Clinton et la légendaire poignée de main entre Rabbin et Arafat a cru l’espace d’un instant avoir réussi ce que personne n’avait jamais pu achever, c’était faire abstraction de la frange dure palestinienne veillant au grain… de paix – tout bonnement impossible.

Le Proche-Orient est difficilement lisible pour un occidental. On voudrait faire cohabiter deux peuples sur la même terre qu’ils revendiquent l’un et l’autre. Et jusqu’à ce jour, le partage des terres nie une existence décente aux palestiniens. Comment s’étonner alors de leur révolte.
Les provocations des uns succèdent aux paroles non tenues des autres, c’est une suite sans fin d’évènements dont la population continue de faire les frais.

Dans les deux camps, les opposants grossissent les rangs d’une contestation de plus en plus vive, même si aujourd’hui encore la parole demeure aux armes. Il y va de l’honneur et du pouvoir des uns et des autres ; inextricable.

De son côté, sur de son bon droit, Israël se sent soutenu par une Amérique qui sait que cette petite nation est un rempart face à la montée de l’Islam des intégristes. Elle ne pouvait pas non plus laisser son peuple sous une pluie de missile tirés des hauteurs, au risque de perdre toute crédibilité et souveraineté. On ne peut impunément regarder son peuple à la merci des canons.

Le Hamas lui pense jouer sur du velours. Face à une politique colonialiste et d’installation sauvage, non réglementée des colons juifs. Ils s’arrogent le bon droit que leur confère leur accession au pouvoir des territoires Palestiniens suite à une élection démocratique où le suffrage les a portés au pouvoir par voix d’urne, imparable.
Sachant aussi le soutien indéfectible d’un peuple écrasé depuis belle lurette sur une bande de sable de 40 km de large sur 60 de long.

Un jour sans fin

Et probablement qu’une des raisons de ce perpétuel échec vient de l’obstination des gouvernants hébreux d’avoir voulu diviser pour soi-disant régner, montant en épingle l’antagonisme Fatah/Hamas. Calcul dangereux d’avoir joué l’un contre l’autre, surtout quand la branche dure et intransigeante l’emporte.

L’impression est désagréable de penser que rien ni personne ne viendra à bout de ce conflit ; Pour beaucoup, sa résurgence constante est rentrée dans les mœurs, jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’une bonne fois pour toute cette région s’embrase, emportant les puissances limitrophes.
Fort heureusement le préposé à attiser les braises et sa harpie Condie quittent d’ici 10 jours la Maison-Blanche, on pourrait presque pousser un « ouf » de soulagement.

Pour autant, bien astucieux celui qui pourrait intercéder en une véritable solution. Pas deux, trois bouts d’accord ficelés plus ou moins correctement, mais bien une idée pérenne… Ce n’est visiblement pas demain la veille. En attendant, nous sommes réduit à jouer les bons samaritains de la cause humanitaire à défaut de mieux. Mendiant ici un couloir humanitaire, priant là des cessez-le-feu temporaires. Il n’y a pas d’autres alternatives actuelles.

Dans cette affaire, dangers et chausse-trappe sont multiples. Tout ceci, fait le jeu des extrémistes des deux camps, mieux même, ce sont eux qui allégrement, soufflent sur les braises qui ne demandent qu’à prospérer sur le l’autel des pugilats.

Si à l’accoutumée se sont toujours les mêmes qui subissent : les civils, il semblerait que Yaveh et Mahomet ne soient pas encore décidés à s’entendre pour le partage du territoire, mais quel territoire ?

9 novembre 2008

Travail, Famille, Patrie…

Publié par ahhhh dans Faits de Société...

Voilà, laissons nos filleuls Outre-atlantique à leur joie et redescendons sur terre un petit peu.

Oui, la vie dans ce monde n’est pas un long fleuve tranquille. Et parfois les symboles ont force de foi… et surtout nous rattrape.

Car à Vichy – les pauvres en plus on ne les aide pas à oublier ce qui n’est pas leur faute – s’est tenue une conférence Européenne sur l’immigration et l’intégration.
En clair l’Europe est une forteresse qu’il faut protéger des méchants et vilains étrangers. Et le preux chevalier Brice Hortefeux le bien nommé, s’en fait le prince. On reste donc dans l’apparence, mot de prédilection pour beaucoup.

Le droit chemin

L’ouragan financier et économique n’en finit pas de balayer nos fragiles territoires et traumatiser nombre de personne. Rendez-vous compte même le gouvernement français parle de nationaliser les banques, soit pour une frange de nos compatriotes, l’équivalence du retour au collectivisme des plus rouges. Et déjà nos dirigeants s’emploient à donner des signes forts sur leurs intentions. Une sorte de rétro pédalage.

Le meilleur moyen d’y parvenir est de recourir aux valeurs profondes, qui consiste à exacerber la méfiance de l’autre, retour donc aux valeurs nationales. Rien de tel pour remotiver l’électorat de droite voire très de droite. Les bons vieux fondamentaux !

Depuis quelques jours déjà le discours tourne autour de cette question. Comment accueillir si vraiment il le faut, car nombres de citoyens sont persuadés du contraire, comment donc tolérer au mieux ceux qui ne sont pas d’ici.

L’intégration concédons le bien volontiers est absolument primordiale. Il suffit d’étudier l’évolution de la deuxième et troisième génération d’Africains du Nord que nous avons laisser au bord de la route, eux—mêmes rejetant leurs aïeux, pour faire amende honorable et chercher de vraie solution à une problématique qui devient vite une situation dangereuse et explosive.
Quand de surcroît on s’ingénie à les parquer dans des banlieues, on ne peut guère s’étonner de foyer de crise, prenant corps au hasard de quelconques faits-divers. Certains, dans ce cas, administrent une réponse factuelle, entendez la force publique, à une question structurelle. Nous ne sommes pas prêts de sortir de l’impasse où nous nous sommes engouffrés depuis 30 ans.

Il est légitime de se poser la question. Un étranger qui veut s’établir doit faire l’effort de respecter le pays où il compte résider. Il ne peut en être autrement. Il est entendu qu’il doit se plier aux us et coutumes. Pour autant doit-on lui demander de nier ce qu’il fut par le passé. En tout état de cause c’est une affaire de volonté de part et d’autre.
Certains préconisent d’aller dispenser la langue française au fin fond des territoires. Vaste gageure quand ces mêmes depuis des décennies ont abandonné la langue française aux anglais comme langue de dialogue dans les conversations officielles.
Suprême leurre que de croire avoir les moyens de repérer les futurs clandestins candidats à l’immigration.
Drôle de prosélytisme que de considérer que tous bons paysans africains, sera meilleur avec en poche son diplôme de langue française.
Enfin à l’heure où nous réduisons drastiquement le budget de notre propre Éducation Nationale, est-il sérieux d’investir dans un programme pour le moins fantasque.

D’autant que sur notre territoire, il existe des réseaux d’aide à l’apprentissage incontournable de la langue. Réseaux la plupart du temps constitué de bénévoles que nous devrions aider matériellement et ne pas avoir la tentation de s’en servir pour mieux repérer les indigents afin de les expulser.

L’idée fumeuse

Alors nos dirigeants, jamais à court d’idée, ont eu un éclair de génie. Pour l’occasion de ce grand symposium Européen sur l’immigration, le ministre français de l’identité nationale dans cette bonne ville de la pastille a pondu l’imparable.
Désormais tout bon immigrant désireux de s’installer sur notre sol devra connaître par cœur (pas DE cœur) la Marseillaise. On peut espérer, au passage, qu’il ne siffle plus notre hymne lors de manifestations sportives !
La thèse étant que cela favorisera l’intégration… Non seulement, on resserre le filet et ferme nos frontières aux autres, mais on traque ceux qui sont passés à travers les mailles. Quant aux « déclarés » ils devront apprendre ce qu’est un sang pur et un sang impur dans les couplets de notre hymne. Vaste programme…
L’ironie de l’histoire de ce chant dont il nécessaire de souligner qu’il est un chant des citoyens français et non d’immigrants, est qu’à terme des nouveaux arrivés connaîtront mieux les couplets que des français de souche.

Au grand jeu des questions pour l’immigration pouvez-vous me dire qui a écrit ce chant ? En quelle année ? Comment se nomme-t-il au départ ? Et enfin sans aller chercher dans Wikipédia (comme moi, pourtant français aussi loin que je puisse remonter, à savoir très très loin) qui peut réciter TOUS les couplets de cette Marseillaise ?

Nous ne sommes donc pas avare de discrimination ces temps-ci, cela en devient même franchement inquiétant.
Alors tant qu’à faire des examens de passage, le président des français y sera soumis également pour apprendre l’orthographe des prénoms de ces petit camarades, dirigeants du monde.
Quand il envoie un petit mot, de félicitations, manuscrit au nouveau président Barak (chercher la faute) ! Mais bon, admettons que ne sont pas comptabilisés les fautes d’orthographe sur les prénoms.

Quitte à terminer sur un symbole, les américains eux, élisaient…un métisse. Le président Barack Obama, fruit d’une union d’un Africain, Kenyan et d’une américaine de Miami avec des beaux-parents Indonésien. Un clin d’œil de l’Histoire ?

5 novembre 2008

Horizons et Perspectives

Publié par ahhhh dans Faits de Société...

YES THEY DID!

Il n’y a pas eu finalement de surprise, le sénateur Barack Obama devient le 44eme Président des Etats-Unis d’Amérique et l’espoir vivant de centaines de milliers d’Américains.

Ici, certains seront agacés de l’ampleur de la médiatisation du clone de MalcomX et Martin Luther King réuni en un homme séduisant, jeune et dynamique incarnant en un seul être le changement, l’espoir et l’avenir. Il concentre toutes les attentes. Immenses et impressionnantes.
N’est-ce pas d’ailleurs trop attendre, trop lui faire porter, que de placer en lui, autant d’espérance.

Barack Obama n’est pas Batman, pas plus Spiderman et encore moins Superman. Il lui faudra du temps pour prendre la mesure de la tache qui lui incombe en tant que dirigeant de la première puissance mondiale. Il lui faudra du courage et de la pugnacité pour défaire et reconstruire 8 ans d’errements, de mensonges et d’ignominies semés de façon éparse par le cow-boy du Texas, de son papa et des aigles qui ont veillé sur le nid.

La problématique est complexe et rien ne sera gagné d’avance.

Des illusions Européennes

Pourtant cet homme représente, à n’en pas douter, l’optimisme. Bien au-delà de son peuple. Il représente pour les nations environnantes, pour l’Europe et surtout encore plus pour le Moyen-Orient la possibilité de sortir par le haut des contextes où son prédécesseur nous a tous entraîné.

Mais nous Européens, ne nous réjouissons pas si vite de l’avènement de ce symbole. Oui c’est un métis (nuance importante) issu de la minorité qui n’appartient à aucun clan ou faction bien pensante et richissime qui accède aux commandes suprêmes. Il n’est entaché d’aucun scandale, d’aucune suspicion. Pis chez lui, il est pris pour un gauchiste de la pire espèce, ce qui bien évidemment le rend à nos yeux encore plus sympathique.
Il représente aussi tout ce que nous ne savons pas faire dans notre société française bloquée, sclérosée où il n’y a pas d’homme politique d’envergure jeune et noir. Parce qu’ici, il faut avoir gravi tous les longs échelons, jusqu’à plus soif, pour arriver vieux et rancunier. En Europe, on ne peut pas sortir de nulle part et réussir ce qu’Obama a fait, en contre-partie nous sommes exonérés des Sarah Palin (c’est une compensation). Nous le rêvons, les Américains le fond.

Cependant que l’on ne s’y trompe pas, Obama comme Cinton en son temps, sont des interventionnistes-protecteurs. Les Usa démocrates paradoxalement s’ouvrent aux autres, mais ferment leurs frontières économiques. Le sénateur de l’Illinois désormais Président fut l’artisan du capotage en règle du contrat pourtant signé entre Airbus et l’Armée. Ceci au profit de Boeing.
Pêle-mêle, Il est aussi pour la peine de mort, par forcément pour les mariages homosexuels et ne lutte pas beaucoup contre le port d’armes.
Quant aux conflits exportés, s’il est pour le retrait progressif d’Irak, enfin une bonne nouvelle, il souhaite un renforcement de la coalition mondiale en Afghanistan.

Ce sont des zones d’ombre qu’il faudra guetter et espérer qu’il y a derrière de timides prises de positions, en réalité un très fin idéaliste manœuvrier qui s’est acheté une bonne conduite pour mieux ne pas effrayer l’américain moyen et ainsi accéder à la fonction tant convoité.

De réelles perspectives

Mais il incarne la possibilité d’un songe. Celui de favoriser enfin la santé et l’éducation dans son propre pays. Ce qui n’est pas une mince gageure. Convenons-en, un pays apaisé et instruit, se sentant plus en sécurité est une nation moins arrogante et plus disposée aux dialogues. Moins d’avidité matérielle emporte les gens vers une tout autre recherche spirituelle.

Enfin cet homme milite aussi pour la ratification du protocole de Kyoto, de la part d’un président Américain, c’est l’une des idées les plus agréables qu’il nous ait été donné d’entendre.

Toutefois les comparaisons sont hasardeuses. Autre temps, autre époque, autre lieu donc il est superfétatoire de tenter des rapprochements. Mais si nous osions, nous pourrions constater que c’est sous l’ère Clinton que l’économie n’a jamais tant prospéré. Action largement à porter à son secrétaire d’état au Trésor (l’équivalent de notre ministère de l’économie et des finances) de l’époque qui a tenu les cordons de la bourse d’une main de fer. Les banques, elles aussi étaient sous contrôle et pendant huit ans, l’administration démocrate a rempli les caisses que le fou du Texas a mis autant de temps à siphonner.

Sans sombrer dans l’optimisme béat et niaiseux, il passe pour un vrai idéaliste. Il est le sénateur qui a voté des lois parmi les plus à gauche à la sauce « Spare-Ribs » tout de même. Un vent nouveau souffle donc.

Il faut croire en cet homme, il faut être optimiste. Nous nous opposerons sans nul doute sur le protectionnisme et sa vision auto centrée du monde des affaires. En contrepartie, il porte en lui un réel humanisme, et une profonde sincérité. Il porte en lui l’espoir de rendre se monde un peu moins violent, dur et impitoyable.

Il ne résoudra pas tout, répétons le. Il faudrait être aveugle ou naïf. Mais cet homme nous rapprochera d’un peuple que la toute puissance boursoufle et qui depuis trop longtemps vit au dessus de ses moyens en détruisant la nature sur son passage et laissant en chemin nombres de ses compatriotes.

Alors Mister Obama vous avez le bénéfice du doute. Si aucun obscur groupuscule ne vous assassine au nom de la protection de ses intérêts, aux USA rien n’étonne vraiment. Personne encore n’a osé vous égratigner, signe d’une croyance en votre honnêteté et capacité à relever ce monstrueux défi.
Vous avez l’état de grâce que suscite tout nouvel espoir. Vous êtes l’icône du rêve américain renaissant de ces cendres et l’engouement que votre simple nom suscite aussi en Europe en général et en France en particulier. Ceci montre combien chaque homme veut croire à ce rêve qui n’est finalement pas l’apanage de vos compatriotes.

Alors sachez l’utiliser. Sachez en profiter. Nous en faire profiter. Que le Boss, Bruce Springsteen ne regrette jamais son soutien sans faille et indéfectible tout au long de votre campagne. Que personne sur cette terre ne regrette vos deux slogans : HOPE et YES WE CAN.

2 novembre 2008

Triste anniversaire

Publié par ahhhh dans Faits de Société...

Trois ans, triste anniversaire : cela fait trois ans (et un peu plus) que deux jeunes maghrébins du trop célèbre 93 mouraient électrocutés dans un transformateur Edf et le troisième rescapé, lui, brûlé à vie.
Point de départ qui embrasa le département et ses exactions devenues elles aussi renommées.
Ici, à ma modeste mesure, je vais m’en faire écho, touché que je fus par une chronique de l’incomparable Frédéric Bonnaud dont je recommande chaudement l’écoute tant il vise juste.
Le petit caillou que j’insère dans le grand mur de l’humanité est ridiculement infime comparé au chroniqueur d’Europe 1.

Enchaînements de circonstances

Mais ma fibre humaniste ne pouvait rester muette à tant d’injustice. Il est, en plus, flagrant que les gens au pouvoir ont une conception radicalement opposée, le premier d’entre eux lui en revient la palme.
Un tout bref rappel des faits, histoire de rafraîchir vos mémoires probablement saturée d’avoir absorbées quantité d’autres informations.

Des jeunes de la banlieue de Clichy jouent gentiment au foot. Tout à coup ils s’aperçoivent que l’heure tourne inexorablement et qu’ils vont être drôlement en retard pour la prière du ramadan. Ah oui en plus ce sont des musulmans, comble de l’infamie.
Rangeant prestement ballon et affaires, les voilà galopant dans la rue afin d’atténuer la soufflante que leurs pères ne manqueront pas de leurs administrés. Ce sont des enfants tenus et sans aucun problème ; que l’on pourrait pudiquement qualifier de non répertoriés par les services de polices. Si ma bonne dame, contrairement à ce que la première chaîne hertzienne nationale et leurs patrons au gouvernement veulent nous faire croire, ils en existent parmi cette communauté.
Ainsi funeste décision que de simplement croire dans ce pays des droits de l’homme, que l’on peut courir dans les rues de Clichy sous le fait banal d’être en retard.
Mais quand le sort s’acharne, il fait toujours les choses en grand. N’avez-vous remarqué que des événements pris isolement ne mènent à grand chose, mais dès lors qu’ils sont juxtaposés conduisent à un fait divers à la hauteur de la somme.
Et là se gâte le destin de nos jeunes garçons. Pour eux point de bonne fortune, une patrouille policière faisait sa ronde. S’impose à l’esprit formaté des hommes en uniforme, l’évidence, l’implacable logique d’un méfait qui se trame. Des jeunes étrangers, à la couleur de peau différente détalant dans les rues est une preuve suffisante de leur forfaiture pré supposée. Déclenchement de sirène et la course-poursuite est engagée.
Il n’en fallait pas tant pour que l’engrenage de l’incompréhension, de la peur et du malentendu s’immisce. Les jeunes imprudents pour moult raisons n’ont pas sur eux leurs papiers d’identité. Bien sur, et eux à fortiori, devraient toujours avoir le sésame délivré par la bienveillante préfecture de police. Mais ces fameux papiers se conservent précieusement, surtout pour eux. Une partie de foot pas loin de chez soi n’est pas un motif du port de la pièce d’identité
Car précision nécessaire, ces jeunes étaient dotés de papiers en bonne est due forme. Mais voilà ils ont l’insouciance que leur âge devrait, un peu, permettre.

Donc qui dit contrôle de police sans papier, dit vérification, qui dit vérification dit passage par le poste de police et donc très gros retard et donc engueulades paternelles encore plus carabinées. Tout bonnement inconcevable.
Autre addition d’erreur puisque les jeunes accélèrent afin d’échapper à police.

Si la mémoire vous revient de cette triste et tragique histoire, vous vous souviendrez que pour échapper au contrôle, ils se sont crus à l’abri dans ce transformateur électrique qui en fit passer deux de vie à trépas et grillant le dernier.

Une justice à géométrie variable

Le ministre de l’intérieur de l’époque, qui depuis a fait un très long chemin pour atteindre son ultime ambition, déclarait d’emblée « qu’aux premiers éléments de l’enquête à sa disposition, aucune patrouille n’était présente sur les lieux. Et que, bien entendu, il tirerait les choses au clair ».
Quelques jours plus tard la police des polices le fit pour lui et rendait son rapport. Confirmant la présence policière et l’enchaînement fortuit des faits et la malencontreuse décision des adolescents, les disculpant au passage de quelconques mauvaises actions.

Il semble toutefois pour le gouvernement, que les fonctionnaires aient fait leur travail car en substance, il n’y a pas de fumée sans feu.
Depuis ce jour sombre, la justice n’est toujours pas passée. Certes elle n’est jamais bien rapide, mais pour certains, elle l’est encore moins que pour d’autres. Il serait facile et surtout tentant de tomber dans les clichés. Mais ce n’est rendre service à personne que d’utiliser les ficelles de l’émotion bon marché, le lit favori du président des français.

Cependant il est dramatique et révoltant que l’on n’aide pas ces parents à faire le deuil de ce qui ne devrait jamais, hélas, exister. Perdre ses enfants est insupportable et le deuil en est probablement impossible. Mais laisser en suspend au rang de fait divers, une histoire aussi terrible n’est pas sain dans une nation qui se veut accueillante. Telle injustice se doit d’être réparée. Cela ne ramènera pas les ados, mais montrera à une communauté qu’elle peut vivre ici. Aux parents, que c’est le destin qui s’est acharné sur leurs progénitures et enfin aux fonctionnaires qu’il vaut mieux ne jamais juger un livre à sa couverture et que le port du képi ne doit pas pour autant emprisonner les cellules grises de la jugeote et le réflexion.

Il est impératif que cela ne soit pas vain et ne pas subtilement laisser enterrer l’affaire sur l’autel de l’oubli. Odieuse façon de procéder et dangereuse attitude de confirmer à ceux qui restent qu’ils ne sont pas les bienvenus et que le danger guette à chaque instant de leur présence dans les rues. Vouloir en faire des hommes traqués aux comportements imprévisibles ou radicaux ne fera qu’amplifier la difficulté. Sauf à croire que c’est le but recherché, impensable. Ou confirmer que pour cette frange de politique, la fraternité et l’humanisme ne sont pas des valeurs partagées.

C’est au sortir de cet article que mon fils s’apprête à filer à l’extérieur.
- Tu sors ? prends tes papiers n’est-ce pas.
- Mais papa, je vais juste à côté faire une partie de foot, je n’en ai pas besoin et je ne voudrais pas les perdre.

Il n’a pas tort, ce sont des arguments que tous jeunes devraient pouvoir avancer, en plus là où nous vivons il ne risque pas grand-chose et lui sa peau n’est pas basanée.

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