Carnet de Blog

15 mars 2010

Le parc

Publié par ahhhh dans En Passant...

 

Je suis revenu, il y a peu, flâner dans le parc Montsouris. Ni nostalgie, ni pèlerinage, juste le plaisir simple et fugace de retrouver des moments joyeux et quasi champêtre, d’une vie agréable. J’ai tellement arpenté ces allées qui serpentent entre les oasis de verdure, qu’il me semble en connaître les moindres recoins.

Ce parc, excroissance de vert profond ou pastel, au milieu du béton n’est pas le seul dans la capitale. Il n’est pas non plus le plus beau pour certains. Pour moi, cependant, il est celui de souvenirs accumulés de la tendre enfance, jusqu’à un âge adulte.

Une enfance encore insouciante où l’espace de quelques mois, je fus confiés aux bons soins de grands-parents résidants proche de Montsouris. Ma grand-mère se laissait entraîner au gré de mes envies et ne manquait jamais les longues heures à me regarder exécuter des pâtés dans les bacs à sable dévolus aux gosses du quartier plutôt qu’aux quadrupèdes aboyants. Ce fut mon espace de prédilection, mon terrain de jeu, mon parc.

Il l’est redevenu un peu plus tard au gré des hasards bien construis, de ceux qui vous ramènent pratiquement au point de départ. Une fois rattrapé par la paternité et habitant non loin de ce fameux parc, nous rythmions nombre de nos sorties dominicales ensoleillées ou humides par un tour chlorophyllien bénéfique tant pour nos poumons que nos esprits.

L’herbe grasse et verte accueillait aussi le bonhomme footballeur attifé de son maillot adoré, pour taper dans le ballon. Une véritable délectation de gosse sûrement ponctuait de rêve de grandeur et d’exploits futurs d’une star internationale proclamée.

Je me suis étiolé dans ce parc aux arbres vieillis par le nombre incalculable de promeneurs qu’ils ont vu passer. Des hêtres tortueux des pensées qu’ils ont eu tout loisir de se laisser pénétrer, ou d’arbres séculaires, venant des quatre coin de la terre ; le cèdre du Liban ou le Tulipier de Virginie ou encore le parasol de Chine. Un tour du monde en quelques hectares.

Puis assis sur cette herbe accueillante, je me suis imprégné des esprits qui protègent l’endroit. Les âmes de Coluche ou Jacques Prévert qui aimèrent les lieux. Je suis passé devant le kiosque à musique chantait par Jacques Higelin, celui qui trône toujours, impassible aux cris des bambins.

Seuls les chevaux de bois qui couraient après la queue du mickey ont été remisés pour faire place aux balançoires en fer forgé, grinçantes de douleur au poids qu’on leur impose ou contorsions qu’on leurs infligent.

Non loin de là, la cahute en bois peinte en verte, abrite toujours le théâtre de Guignol qui dispense quelques moments merveilleux et magiques. Les enfants d’aujourd’hui, même nourris au mamelon de la console informatique, ne peuvent que sortir émerveillés ou apeurés ou les deux à la fois, par les histoires contées. Ce jour-là, représentation était donnée et le sourire me vînt de voir mon héros d’antan continuait de se jouer du vilain gnafron toujours aussi moustachu et acariâtre et avoir les yeux de Chimène pour sa dulcinée.

Au milieu de ce havre, la mare immense, celle qui se prend pour un lac, frémie toujours, caressée par une douce bise de surface. Les canards s’ébrouent, sereins et gras de se savoir en toute sécurité, ne dressant jamais la tête pour le moindre coup sec. Les hérons cendrés glissent majestueusement sur l’eau se prenant peut-être pour quelques cygnes. Des oiseaux viennent de sustenter et repartent s’affairer à d’autres occupations.

Rien ne peut troubler ce bal et c’est en vous promenant dans ces allées que vous vient à l’idée qu’il est possible que le temps se soit de lui-même détourné. Le bruit des rues adjacentes ne parvient pas à vos oreilles, par pur respect ou honte de déranger. La bulle de verdure enveloppe les passants. Protectrice, elle adoucit vos tracas et vous fait croire en ces instants de douceur à une rémission. Pourtant un sifflement strident peu déchirer l’air paisible. Un gardien vient démontrer son autorité sur ses congénères, sur la nature il n’oserait puisqu’il croit la défendre. Non lui, investi d’un rôle suprême, il terrorise le quidam alanguis parfois sur une pelouse supposée en jachère de postérieurs. Mais bien vite il rentre dans sa maisonnette de bois et parpaing conscient de la vacuité de son autoritarisme et son inexistante impunité à faire régner un ordre inutile.

L’ambiance qui sied mieux à cet endroit reprend ses droits, ceux du maître absolu et incontesté. Ici tous sont venus chercher le même eldorado de quiétude temporaire. Un moment de répit, où l’on ne cherche rien d’autre que le vide en soi. Rien que le calme qui laisse croire subrepticement à un art de vivre.

Puis reprenant la cours de cette vie organisée et minutée, je franchis la frontière paysagère, soulagé de constater que les années n’ont pas d’emprise sur cet écrin de verdure. Où le métro a préféré s’enterrer de honte plutôt que de le piétiner. Le parc ne cesse de se défendre de toute intrusion immobilière nocive. Tel un village imprenable, il perdure à résister à l’inhumanité de l’espèce et reste cette bulle de végétation. Tandis que je m’engouffre dans les catacombes du métropolitain aux remugles étouffants.

 

12 mars 2010

De l’art d’accommoder les restes

Publié par ahhhh dans En Passant...

Et si ce n’était pas de disparaître qui opprimait un esprit perclus des pires affres à y songer. Cette obsession de la chronique de l’évanouissement annoncé qui a élu domicile en permanence, bien décidée à prendre quartier pour ne jamais s’en laisser déloger. Et si ce n’était pas la mort en elle-même qui anéantissait tout possibilité d’enthousiasme primaire.

Non, si ce n’était pas cette sensation odieuse et nauséabonde, parfaitement instillée dans les moindres recoins, au tréfonds de l’âme et du corps.

Non si bien plus, ce soit plus angoissant. La période juste avant l’enfer, l’horreur en définitive de se voir décliner.

En tête de gondole de la décrépitude, la perte de l’envie. Quand on aime, ou croit aimer croquer la vie à pleines dents, toutes les pommes qui se présentent, indéniablement avec l’âge vient la perte de l’appétit, non par volonté ou caractère mais bien par le système physiologique humain, on n’y peut mais.

L’envie moteur de la vie, ruine de celle qui part en lambeaux. Il faudrait être couturier ou petite main pour réparer les accrocs, raccommoder ce qui pourrait l’être, un peu, l’espace d’un instant. Seulement voilà, les rasfitolages se voient malgré tout, ce n’est jamais qu’un bout de tissu posé en plus sur le costume et aucun fil invisible n’existe pour embellir ce qui ne peut l’être.

L’âme n’est pas seule à se déliter, le corps s’étiole, se détend, devient souvent flasque et suit la courbe de l’envie, moins de fantaisie, moins goût à se sentir mieux ou bien. Moins de facilité à se déplacer, moins d’aisance à agir, même à réagir.

De petits bobos en grandes souffrances, on en vient à compter les moments de répit. La limitation de certaines de ses possibilités restreint l’espace des éventualités. On ne vit pas avec mais tout à coup contre. Il faut lutter là où avant, tout était évident et simple. Avant on batifolait désormais on observe. Certains continuent d’ignorer et s’empiffrent comme pour mieux conjurer le sort ou faire un pied de nez au destin. Bien sûr ils savent que tout n’est qu’un leurre, mais se rassure de le feindre, ils se contentent de ce qu’ils obtiennent.

Moins de fringale ou moins d’appétence pour l’extravagance. On se satisfait de ce que l’on a obtenu et accepte le délai comme une normalité. On ne cherche plus à se rassasier, on préfère se transformer en gourmet que de demeurer gourmand, question d’estomac et de digestion. La fatalité devient une sœur et remplace moins avantageusement la fougue. D’illusions perdues en utopies rangées ou renoncées, on reste assis dans la position commode du sage ayant pris le recul nécessaire à scruter l’horizon de la fin.

C’est un abandon à la cause, car le physique prend le pas, mais pas le pas de course, il domine son sujet. Il n’a plus le coffre pour tenir la cadence. Il encaisse moins bien les coups, assimile moins bien les excès.

Il y a des résignations chez chacun d’entre nous, plus ou moins avouées, plus ou moins admises. C’est pourtant le pire des comportements qui puisse habiter l’homme. Le renoncement est indigne, cependant il est la justification d’une donnée réellement fatale.

Tout baisse dans ce corps, la vie, la puissance, les membres, les formes s’empâtent, l’ensemble s’arrondit franchement. Les accidents bénins ou non se multiplient et prennent des tournures de plus en plus compliquées. Quant à l’esprit, lui, il perd en vivacité. Il n’a plus ce tranchant acéré prêt à bondir ou rebondir. Les réflexes se font plus rares et à contretemps. Nos facultés sont mises à mal, on devient d’un seul coup sans prévenir, dépassé par la modernité. Elle surgit au détour d’une année que l’on avait à peine quittée. Les nouvelles technologies déboulent sans crier gare et l’on se trouve à ne rien comprendre, hermétique ? Non, juste largué en haute mer. Tout se détend, la curiosité s’émousse, parce que l’imagination perd le pouvoir, anéantie par la tristesse de savoir. On préconise la gymnastique, pensant que cela pourra suffire, vraiment ?

La dégénérescence ne guette pas encore, mais il y a des limites qui ne se dépassent plus. Les exploits sont pour les autres, pour les plus jeunes. Pour s’en convaincre, il suffit d’évaluer un marqueur précis, témoin du changement, thermomètre de l’évolution sans nuances, la peau. Elle ne fait pas que ramollir, elle se pigmente dangereusement de petites tâches irrégulières, marron claires, indélébiles.

Le vieillissement à son déguisement, gratuit. Certes il n’est pas raisonnable de s’apitoyer, certes. Alors, on finit par faire, tous, comme si de rien n’était, on finit par faire comme en cuisine et pratiquer l’art d’accommoder les restes.

7 mars 2010

L’envol

Publié par ahhhh dans En Passant...

Ne t’inquiète pas, ce qui arrive est une histoire banale. Elle survient à des milliers de gens comme nous. Personne ne peut y échapper. C’est ainsi que va la vie, en quelque sorte une fatalité, dans l’ordre des choses.

Certains balaient ce sentiment d’un revers de main en prétendant que cela ne concerne que les mamans, ah bon ?!

Ce serait donc l’apanage de la féminité de ressentir exclusivement un tel flot de sentiments, ceux du manque et de l’absence. Cette boule de tristesse permanente qui enserre le cœur et le cerveau serait inconnue des hommes. Effectivement, je ne t’en parle pas, mais elle s’instille dans toutes les parcelles de mon corps, élit domicile et n’en repart jamais. Ce déchirement violent, incongru, insidieux me laisse parfois sans force et sans envie, souvent interdit. Je me reprends, mais bien vite me surprends à attendre ton retour comme un petit vieux collé à sa fenêtre espérant voir poindre une silhouette familière au bout de la rue.

Je te l’ai déjà maintes fois répété, tellement de fois que tu dois penser que je radote, mais chacun sa vie, son cœur et le reste, tout le reste.Tu dois vivre, vivre et courir, vivre tout court.

Rester coller l’un à l’autre ne serait qu’une liberté bafouée et ne changerait rien à l’existence, à la tienne qui débute franchement et rien à la mienne qui prend une courbe différente.

Vis, va et court, ne laisse pas le temps te rattraper ou fait semblant de le croire. Parce que je sais, avant toi, qu’un jour tu pourrais regretter l’instant où tu as hésité à emprunter le chemin de l’aventure, du risque et de l’inconnu.  Tu maudiras tes atermoiements, furieux de n’avoir pas eu plus de discernement. Ces moments-là ne sont pas pour aujourd’hui, ni demain, si tu sais choisir de vivre, exploser, rayonner partout où tu le peux.

Rester coller à notre vie, ici, ne ferait que t’éloigner de tes aspirations, des trésors que tu ne manqueras pas de découvrir, des femmes à aimer, des dangers à surmonter. De ces évènements, de tous ces évènements, qui feront ta vie d’homme. Pas celle que je te raconte par provocation ou fierté. Non, la tienne dont tu pourras un jour t’enorgueillir et qui auras fait de toi ce que tu seras.

De mon côté, je lutte à mesure que ma gorge se noue, que mon estomac se tord à l’idée des jours qui nous séparent. Cette perception sourde mais irradiante des poncifs sur le sujet et la cohorte de souvenirs inévitablement remontant à la surface pour faire de toi le petit bonhomme rebondit et rigolard.

Ces rappels magnifiques mais inhumains ne sont, ne doivent qu’évoquer et conserver pieusement des moments festifs. Ils me servent plus à moi comme une bouée de sauvetage qu’à toi pour qui cela pourrait se révéler être une charge trop lourde à porter et t’entraîner vers les abysses. Fort heureusement ce fameux ordre des choses est fait correctement pour t’inciter à ne pas trop regarder derrière toi et saisir à pleines mains ce qui se présente. Tu dois assouvir tes rêves, tes passions ou fantasmes. On ne refait jamais l’histoire, on vit avec.

Ne te retourne pas, ne regarde jamais par-dessus ton épaule. Je préfère devoir regarder devant moi pour t’apercevoir et savoir que tu remplis ta vie. Petit à petit tu te libères du joug parental. Fini le carcan pesant et asphyxiant, un monde nouveau apparaît face à toi, comme le miracle d’une vie en devenir. Ris de la vie, aux filles ; jouis de ces instants miraculeux, insouciant, révolté, indigné, curieux, attentif mais libre. Ne laisse personne te dicter tes humeurs ou tes volontés.

Tu vas enfin pouvoir te mesurer, t’étalonner au reste du monde. Tu vas te jauger, tu as probablement peur, mais tout t’appartient désormais. Les petites roues de ton tricycle n’existent plus, tu pédales sur ton propre vélo, celui d’un adulte. À toi d’emprunter la chaussée de ta propre vie. Ton sentier, tes expériences, et aussi malheureusement tes souffrances qui te renverront à tes solitudes, ces moments sont à toi, à toi seul. Tu es seul maître à bord.

Crois-moi tu laisses derrière un père qui jamais ne pourra te quitter des yeux, qui attendra le moindre signe, même si je ne guette plus de la même façon la première bûche, je suis rassuré de te voir sur ton vélo, rouler droit et juste. Sois sans crainte, crois en toi comme je crois, moi, en ce jeune homme.

Et dis-toi que jamais, où que tu sois, ton père fier de ton envol, ne laissera son esprit prendre le pas sur son cœur pour oublier le fils qu’il aime.

26 février 2010

Action !

Publié par ahhhh dans En Passant...

De l’insignifiante légèreté de la vie, son seul contrepoint demeure la mort. Mais de tout ceci que reste-t-il ? Pas grand-chose, des vies de comètes dont la trace furtive n’est connue de peu de monde.

On empile ses actions les unes après les autres, elles n’ont que peu de liens, peu d’intérêts et pas de grande logique. De cet écheveau décousu, il ne reste qu’une poignante superficialité. Des actions suspendues dans l’infinie et l’espace sans liaison, où se mêle la grande et la petite histoire de tout un chacun. La vie est décousue, mirobolante, anecdotique, fantastique et en même temps vaine, d’une vacuité assourdissante.

On pourrait discourir à l’envi, des heures durant sur cette frivolité existentielle, sans aboutir à grand-chose de bien concret, de bien discernable. Si l’on tente un quelconque parallèle avec le 7eme art, n’est-il pas amusant de s’interroger sur la place que nous occuperions dans ce grand maelström. Ce que nous vivons n’est-il pas après tout, rien d’autre et seulement qu’un vaste film de série B projeté sur les murs crasseux de nos vies en déshérences.

Quel rôle, dès le départ nous a-t-on attribués ? Certains sont parvenus à s’approprier le premier, cela arrive. Le beau rôle, celui qui ne vient qu’une fois, celui que l’on ne rejoue pas…

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« La vie c’est rien que du cinéma ou inversement »

éditions publibook

19 février 2010

Les valises

Publié par ahhhh dans En Passant...

Les transports en commun n’aiment pas les voyageurs. Constat impitoyablement réel quand on a eu à vivre les montées et descentes dans les entrailles du métro ou autres modules ferroviaires de grandes mégalopoles

Monter, descendre, remonter, redescendre autant de marches et couloirs interminables qui feraient passer la foire du trône pour une doucereuse ballade de santé, en yoyo quoi qu’il en soit. Cependant monter et descendre n’est rien, si nous n’étions chargés telle la mule transportant les vivres d’une population entière pour l’année complète.

Réussir une telle prouesse nécessite d’avoir un diplôme de dresseur de valises professionnelles, à tout le moins. Il est vrai que les fabricants de ce genre d’objet déploient des trésors d’ingéniosité pour rendre les sacoches à roulettes tendances, pratiques, jolies ou rigolotes. Mais toujours pour en mettre plus, donc pour souffrir encore plus.

Elles ont beau être à quatre roues, multicolores ou surtout légères et moins volumineuses, le chemin de croix demeure semblable et interminable. Le seul progrès espéré serait la téléportation, mais pour le moment les vêtements se désagrègent et je ne parle même pas de votre enveloppe corporelle. Autant dire que ce n’est pas pour demain, ni dans les mois à venir, n’est pas Mister Spock qui veut…

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2 février 2010

La minute de silence

Publié par ahhhh dans En Passant...

Il se leva et réclama solennellement une minute de silence en mémoire de Georges Frangier.

Le silence demandé s’invita instantanément, tous autour de l’immense table furent frappés de cette pompeuse austérité que le masque de circonstance grave sur les traits des faciès d’hommes emprunt de la pudeur des bien élevés et des autres qui n’ont guère le choix.

Ces femmes et hommes s’étaient levés avec les atours de la compassion intimée, tête de l’emploi, postures commandées, tous sans exception semblaient terriblement affectés par la disparition de Georges. Pétrifiés par cette annonce et heurtés par la dureté, sans cesse rabâché, de la vie.

Pauvre Georges, Monsieur Georges selon toute vraisemblance. Tous, donc, bondirent de leurs sièges, tels des zébulons attirés vers l’extérieur par le couvercle ouvert. Surpris je marquais un temps d’arrêt, une seconde suspendue, qui parue une éternité. Pas préparé à cette intervention, je l’avoue contrit, je fus pris de court, aussi dérouté que d’apprendre l’évanouissement à jamais du bon Georges qui resterait pour moi un illustre inconnu. Cependant réprimant un instinct d’indifférence, je m’exécutais à l’injonction cérémoniale et rattrapais tant bien que mal le mouvement imprimé et finis dans le même tempo que l’assemblée pieusement recueillie…

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24 janvier 2010

Les rideaux

Publié par ahhhh dans En Passant...

Dans le patio à ciel ouvert, d’un hôtel lémanique de luxe, confortablement assis dans un canapé de cuir moelleux, je me délectais d’une vitole de ma marque préférée et regardais les volutes de fumée rejoindre le ciel clair parsemé d’étoiles d’une fulgurance incroyable. Mon esprit vagabondait d’idées en rêvasseries ne parvenant à accrocher une quelconque réflexion un tant soit peu tangible.

Pour ainsi dire je flottais çà et là dans un de ces moments d’une rare sérénité qui n’arrive que rarement dans la vie d’un humain un peu affairé. Peu de chose accaparait mon attention. Peu le devait d’ailleurs.

Pourtant, aux détours d’une bouffée libérée à l’air libre, mon regard se fixa sur les rideaux de cette imposante façade de verre qui abritait ses clients dans des chambres tout aussi étoilées. Des gens en transit pour un temps définit, une vie qui se tramait, une vie fugace et instantanée. Une vie de nomades argentés prenant leurs marques, rangeant leurs affaires et se préparant à accomplir leur destinée. Un comportement en somme commun qui ne manquait pourtant pas de me subjuguer…

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6 janvier 2010

Flânerie

Publié par ahhhh dans En Passant...

Tic-Tac, Tic-Tac, résonne la vieille comtoise murale. Tic-Tac, Tic-Tac lentement, très lentement elle égrène les minutes, les heures, une vie.

Moi pendant ce temps, je l’observe consciencieusement. Elle est là depuis le début, depuis un temps immémorial. Elle n’est pas de plain-pied, succédanée des grandes sœurs majestueuses. Pourtant elle fait son office, tous les jours. Les deux gros poids en fonte font l’ascenseur et se démènent doucement pour marquer l’heure. Tic-Tac lancinant qui s’évanouit dans l’atmosphère moite de l’unique pièce regroupant le salon, la salle à manger et la cuisine tout juste coupée par un petit bar. Tic-Tac hoquette le mécanisme et son balancier. Tic-Tac mollement, Tic-Tac lourdement, Tic-Tac…

Moi pendant ce temps, je me pavane autour de ce vieux couple frappé par le poids des ans. Le visage buriné, griffé par les affres de l’existence, la peine, la douleur, la vie ; mais toujours vivant. Ils ne se parlent plus beaucoup, ils n’ont plus grand-chose à se dire. Mais ils s’accrochent l’un à l’autre comme au radeau en perdition. Ils rythment leur vie de petits détails ; du petit-déjeuner au dîner. Ils comptent leurs médicaments, ils regardent la télé, le son un peu fort. Ils admirent les photos jaunies de leur descendance qu’ils ne voient que rarement. Tous ces petits détails insignifiants à vos yeux, mais qui justifient leur folle envie de survivre. Ils ont eu leurs joies et leurs bonheurs aussi, aujourd’hui ils ont leurs souvenirs…

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25 décembre 2009

Areuhh

Publié par ahhhh dans En Passant...

Mon doigt aujourd’hui a un goût bizarre, enfin mon pouce surtout que je tête consciencieusement depuis un bout de temps déjà. Je ne sais pas ce que j’ai touché mais ça n’a pas la saveur habituelle, celle que je connais.

Bon cela n’a guère d’importance après tout, je m’y habitue. Non le plus agaçant c’est mon ventre qui émet de drôles de gargouillis, cela m’incommode, je crois que je vais me plaindre, geindre pour attirer l’attention. C’est d’ailleurs assez surprenant et confortable cet intérêt ; c’est ce que je sais le mieux capter. Il me suffit de pleurer, rire ou éructer quelques onomatopées proprement inintelligibles à mon entourage, pour que celui-ci dans un même élan, braque des yeux emprunt de compassion ou d’inquiétude interrogative. C’est amusant de voir ces regards qui expriment des sentiments différents en fonction de ce qu’ils comprennent ou croient savoir. Ils adoptent un air de circonstance, au demeurant fort drolatique…

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16 décembre 2009

Les jumeaux

Publié par ahhhh dans En Passant...

Nous étions semblables, si identiques que pas un poil ne pouvait nous différencier l’un de l’autre. Tous les deux de petites taille mais parfaitement calibrés, avec des oreilles courtes, de petits yeux charbon et une truffe minuscule tout à fait adorable et toujours fraîche. Élégants dans notre démarche nous trottinions martial et superbe.

Notre robe était tricolore ; brune, noire et noisette au pelage brillant, signe évident d’une santé éclatante. Il faut avouer que nous étions nourris comme il se doit. Chez nous pas de croquettes même hypoallergéniques étudiées en laboratoire pour animal délicat. Pas de ces rondeurs sans saveur à l’odeur pestilentielle, dont on ne sait distinguer la présence d’un ragoût à base de viande ou de poisson. Non, nous avions des maîtres attentionnés à convenablement nous alimenter, considérant nos heures de repas avec toute la bienveillance qu’ils devaient à leurs animaux de compagnie. Une nourriture équilibrée faite de riz, de viande, de reste de plats cuisinés, de légumes variés, et du jus de viande. Le fumet de puissantes volutes aromatiques se dégageait de la cuisine au moment de la préparation et venait chatouiller notre museau. Des effluves que ne reniaient pas les matous alentours, contre lesquels nous faisions respecter la loi de la préséance. Mon frère et moi étions certes menus mais terriblement combatifs. Nous étions deux aussi, ça aide ! Aussi, notre flore intestinale parfaitement préservée, notre toison était soyeuse confirmant la noblesse de notre race, faisant la fierté de notre maîtresse…

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